la cellule, grâce aux ribosomes hyaloplasmiques ;
ceci conduit à la production d’une enzyme spécifiquement virale, nommée ARN réplicase (ou ARN
polymérase ARN dépendante), capable de répliquer un ARN (obtenir une copie complémentaire
d’ARN à partir d’un autre ARN). On obtient ainsi
une population d’ARN négatifs permettant de
fabriquer à leur tour de nouveaux ARN positifs
qui servent à la fois pour la traduction et la constitution des nouveaux virions. Quelques Virus à
ARN positif ont un cycle complexe, impliquant la
fabrication d’une copie de leur génome sous forme
d’une molécule d’ADN double-brin qui sera intégrée dans le génome de l’hôte ; il s’agit des Rétrovirus, dont la plupart sont cancérigènes chez les
Vertébrés. Ces Virus emportent dans leur virion
une enzyme capable de recopier un ARN en ADN,
appelée transcriptase inverse.
• Tous les Virus à ARN négatif (ARN antisens, complémentaire d’un ARNm) ont développé
une stratégie très originale : ils emportent nécessairement dans leur capside une enzyme particulière
appelée ARN transcriptase, dont le fonctionnement est identique à celui d’une ARN réplicase, et
qui sert à fabriquer une molécule d’ARN positif à
partir de leur génome. Ce dernier ne peut en effet
être reconnu par la machinerie cellulaire et traduit
en protéines, et une telle enzyme n’existe évidemment pas dans la cellule-hôte. L’ARN positif ainsi
obtenu sert d’abord de messager pour la fabrication des protéines virales intervenant dans le cycle
ou dans la constitution de la capside, puis, par la
suite de matrice pour fabriquer de nouvelles molécules négatives, qui seront encapsidées.
• Les rares Virus à ARN double-brin emportent aussi une transcriptase dans leur virion.
2.3.2. C ARACTÈRES COMMUNS AUX CYCLES VIRAUX
Le cycle viral est défini comme la succession des
étapes conduisant, après l’infection d’une cellule
sensible par une particule virale, à la production
d’une nouvelle génération de virions. Ces derniers
ne se multiplient pas comme des cellules, par augmentation de taille, puis division ; ils s’assemblent
directement et de façon spontanée au sein du cytoplasme à partir de molécules élémentaires (protéines, acide nucléique) fabriquées par la cellulehôte à partir du génome viral, comme n’importe
quel édifice supramoléculaire de celle-ci. Malgré
la diversité des virus et de leurs cellules-cibles, de
leur matériel génétique et des types de cycles rencontrés dans la nature, on peut distinguer une
série d’événements communs, due au caractère
parasitaire absolu de ces particules infectieuses. Il
faut souligner que certains types de virions renferment, en plus de leurs protéines de structure,
quelques copies d’une enzyme impliquée dans la
réplication de leur matériel génétique ; c’est la
seule molécule qu’ils ne peuvent trouver naturellement dans les cellules lors de l’infection, et qui soit
cependant indispensable pour démarrer leur
cycle ; elle est donc codée par leur propre chromosome. Il existe toujours, au cours du cycle viral,
une phase pendant laquelle un Virus est réduit à
sa seule information génétique.
• Reconnaissance et adsorption
L’infection implique d’abord un contact direct
entre le Virus et son hôte ; la particule virale étant
inerte, cette rencontre est aléatoire. Celle-ci se réalise facilement dans la nature, dans le cas des cellules bactériennes isolées qui peuvent rencontrer
directement des particules virales émises dans le
milieu par d’autres cellules lysées. Chez les Animaux, les virions sont amenés dans tous les tissus
par les voies respiratoires, sanguines, urinaires,
digestives, qui sont autant de portes d’entrée de
l’organisme. Les Virus reconnaissent leurs cellules-cibles grâce à des molécules de leur surface
(capside ou enveloppe) qui sont identifiées par des
15. A UX CONFINS DU MONDE VIVANT : VIROÏ DES, PLASMIDES ET VIRUS.L AQ UESTION DES PRIONS 459
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Figure 15.8
Organisation et fonctionnement des génomes
des Virus d’animaux
La classification en six familles de ces Virus repose sur la
nature chimique, l’organisation de leur matériel génétique et la façon dont l’ARN messager final est obtenu.
ARN messager
Virus à
ADN
Virus à
ARN
ou
ADN
ADN
Précédent

- 472/514

Suivant