CHAPITRE
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
téLédétection
et cartographie géoLogique
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L
a télédétection est l’étude de la surface de la Terre à
partir d’images prises au­dessus d’elle. Les premières
observations se firent à bord de montgolfières. À partir
de la première guerre mondiale, les progrès de l’aviation
ont permis l’essor de la photographie aérienne aéroportée.
Depuis les années 1960, de nombreux satellites d’observation de la Terre ont été lancés, de plus en plus performants.
Ils captent des images satellitaires de régions plus vastes que
celles couvertes par les photos aériennes, et les transmettent
au sol. La définition de ces images permet de voir des détails
de l’ordre de quelques mètres. Les images panchromatiques
sont sensibles à toutes les longueurs d’ondes du spectre
visible et proche. Celles qui n’utilisent qu’une partie du
spectre, ou bande spectrale, sont dites images multispectrales. Elles ont l’avantage, selon la bande spectrale utilisée,
de faire ressortir sur l’image le rôle de facteurs tels que l’eau,
la végétation, ou la lithologie (nature des terrains), nécessaire pour l’interprétation géologique d’une l’image satellite.
L’imagerie satellitaire est donc utilisée dans des disciplines
aussi variées que la géologie, la géographie physique, la
biologie végétale, l’agronomie, la météorologie, la climatologie, l’océanographie…
6.1 LeS photographieS aérienneS
En France, les missions de photographie aéroportée sont
faites par des avions de l’Institut Géographique National
(IGN) spécialement équipés pour cela. Les photos sont
utilisées par l’IGN pour réaliser ses cartes topographiques, et
il est possible d’acquérir des photographies aériennes auprès
de l’IGN.
Lever une carte géologique demande un long travail
de terrain pour reconnaître les formations géologiques, les
échantillonner, rechercher des fossiles, tracer leurs limites
d’affleurement (contours). Les affleurements, endroits où
les terrains sont visibles, sont localisés sur une carte topographique détaillée, la minute de terrain, ainsi que les lieux
où des observations, prélèvements et mesures sont faits.
Chaque formation géologique est cartographiée avec une
couleur spécifique. La direction (orientation) des couches
et leur pendage sont mesurés à l’aide d’une boussole et de
son inclinomètre (fig. 3.1), et reportés sur la minute par un
signe de pendage (fig. 2.1). Les cartes topographiques au
1/25 000 de l’IGN constituent des fonds adaptés à la plupart
des levers de cartes géologiques.
Le travail sur le terrain est parfois gêné par une vue peu
dégagée, une végétation abondante ou des déplacements
difficiles, et les photos aériennes sont alors très utiles, en
montrant le prolongement des structures géologiques. La
photointerprétation, ou interprétation photogéologique,
est l’interprétation géologique d’un secteur à partir de
photographies aériennes. Les éléments géologiques repérés
peuvent être tracés sur un transparent superposé à la photo.
Les photos aériennes permettent aussi de préparer le travail
sur le terrain, et de vérifier et compléter des observations
partielles ou difficiles sur le terrain. Inversement, une interprétation photogéologique demande à être validée par les
données de terrain. Les photographies aériennes sont donc
nécessaires à la cartographie géologique, leur résolution
détaillée et leur échelle y sont bien adaptées.
La qualité de l’information géologique fournie par les
photos aériennes dépend du couvert végétal, et de l’épaisseur du sol ou des formations superficielles qui peuvent
masquer le sous­sol géologique. La végétation clairsemée des
régions méditerranéennes est moins gênante que celle des
régions boisées ou cultivées. Mais les variations locales du
couvert végétal peuvent aussi refléter des changements géologiques du sous­sol : la végétation est plus abondante sur
une formation argileuse humide que sur des calcaires secs.
Deux photos aériennes prises successivement se
recouvrent en grande partie. Du fait que l’avion s’est
déplacé entre les deux prises de vue, la partie commune
aux deux photos est vue de deux points distants, sous des
angles différents ; les deux images de cette zone commune
sont donc légèrement différentes. En regardant simultanément deux photos successives avec un stéréoscope (sorte
de loupe binoculaire), chaque œil voit une image différente
de l’autre. Comme dans notre vision binoculaire habituelle,
les différences des deux images sont interprétées par notre
cerveau, qui donne alors du paysage une vision en relief très
saisissante. Les points de prise de vue étant assez éloignés, le
relief est fortement exagéré. Cette amplification du relief est
très utile pour le géologue. Elle permet de se localiser sur la
carte topographique, et de déceler de faibles dénivelés topographiques qui peuvent indiquer une limite entre deux terrains dont la résistance à l’érosion est légèrement différente.
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