La partie septentrionale de l’Asie a beaucoup moins souffert, car elle
est restée en fait pratiquement inhabitée jusqu’à des temps très récents. Les
vastes surfaces couvertes de taïga ont constitué des réservoirs où la faune a
pu se maintenir. Sans doute les animaux à fourrure ont-ils souffert dans une
certaine mesure d’une chasse trop intensive. Mais il ne semble pas que cela
ait fait peser des menaces sérieuses sur la survie des espèces de cette partie
de l’Asie.
Il n’en va pas de même dans la grande bande steppique qui s’étend
depuis le sud de la Russie jusqu’en Mongolie, où la plupart des grands
animaux ont gravement pâti de l’influence de l’homme. C’est le cas de
l’Antilope Saïga Saïga tatarica qui habita jusqu’au XVII e siècle une aire
s’étendant des steppes de Pologne orientale à la frontière chinoise. Ce vaste
habitat s’est progressivement réduit jusqu’en 1920. À cette époque, les
effectifs étaient devenus à proprement parler squelettiques, car l’espèce
n’était plus représentée que par quelques centaines d’individus, peut-être un
millier. Sans doute des causes naturelles peuvent en partie expliquer la
raréfaction d’une espèce sensible aux effets des tempêtes de neige et du gel
du sol qui diminue largement ses possibilités alimentaires. Mais la chasse
trop intensive est la responsable principale de sa diminution
27
, de même que
la mise en culture d’une partie de l’aire de distribution de la Saïga. Cette
Antilope a besoin d’étendues considérables, ne serait-ce qu’en raison de son
tempérament migrateur, et son existence est donc compromise par la
transformation des habitats. Les mobiles de la chasse étaient d’ordre
alimentaire. Les cornes étaient également recherchées, car les Chinois en
tiraient la matière première de nombreuses préparations pharmaceutiques
28
.
est restée en fait pratiquement inhabitée jusqu’à des temps très récents. Les
vastes surfaces couvertes de taïga ont constitué des réservoirs où la faune a
pu se maintenir. Sans doute les animaux à fourrure ont-ils souffert dans une
certaine mesure d’une chasse trop intensive. Mais il ne semble pas que cela
ait fait peser des menaces sérieuses sur la survie des espèces de cette partie
de l’Asie.
Il n’en va pas de même dans la grande bande steppique qui s’étend
depuis le sud de la Russie jusqu’en Mongolie, où la plupart des grands
animaux ont gravement pâti de l’influence de l’homme. C’est le cas de
l’Antilope Saïga Saïga tatarica qui habita jusqu’au XVII e siècle une aire
s’étendant des steppes de Pologne orientale à la frontière chinoise. Ce vaste
habitat s’est progressivement réduit jusqu’en 1920. À cette époque, les
effectifs étaient devenus à proprement parler squelettiques, car l’espèce
n’était plus représentée que par quelques centaines d’individus, peut-être un
millier. Sans doute des causes naturelles peuvent en partie expliquer la
raréfaction d’une espèce sensible aux effets des tempêtes de neige et du gel
du sol qui diminue largement ses possibilités alimentaires. Mais la chasse
trop intensive est la responsable principale de sa diminution
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, de même que
la mise en culture d’une partie de l’aire de distribution de la Saïga. Cette
Antilope a besoin d’étendues considérables, ne serait-ce qu’en raison de son
tempérament migrateur, et son existence est donc compromise par la
transformation des habitats. Les mobiles de la chasse étaient d’ordre
alimentaire. Les cornes étaient également recherchées, car les Chinois en
tiraient la matière première de nombreuses préparations pharmaceutiques
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