communautés biologiques ont une vie propre et qu’elles fonctionnent
comme des entités définies, régies par des lois qui déterminent leur
évolution. » Et, p. 28, cité en exergue de ces commentaires : « Il s’agit au
fond de réconcilier l’homme avec la nature. De le persuader de signer un
nouveau pacte avec elle, car il en sera le premier bénéficiaire. »
Ce pari peut être tenu, pour peu que l’on partage le point de vue de
Baird Callicott qui écrit : « La philosophie de l’écologie qui s’est
développée dans le dernier quart du XX e siècle est selon moi le laboratoire
de l’avenir. » C’est la formulation accomplie que l’on peut donner
aujourd’hui au vœu prononcé par Jean Dorst il y a près de cinquante ans.
En guise de conclusion
Au terme de cette réflexion nourrie par l’analyse prémonitoire de Jean
Dorst et des réponses qui y ont été apportées depuis – plutôt laborieuses –,
on ne peut s’empêcher de penser à ce poème de Bertolt Brecht :
« Ils sciaient la branche qui les portait
Et se faisaient part à grands cris de leur expérience
Sur la manière de scier plus vite, et puis ils tombaient,
Au milieu des craquements, dans le vide, et ceux qui les regardaient
Hochaient la tête tout en sciant et continuaient de scier
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. »
Homo sapiens, vraiment ? L’espoir n’est pas perdu – pour peu que l’on
s’arrête de scier pour penser !
De fait, face à la crise environnementale que traduit l’effondrement
persistant de la biodiversité, les réponses par des politiques classiques de
protection de la nature ne sauraient suffire – puisque partout ailleurs on
continue de scier. Les réponses alternatives éclairées par des visions
strictement utilitaristes de la biodiversité et des biens et services qu’elle
nous garantit à travers le bon fonctionnement des écosystèmes risquent de
ne pas être à la hauteur de l’enjeu. C’est continuer de scier avec une
technique améliorée. Seules des réponses de civilisation seront en mesure
d’infléchir le cours des choses : sauver humanité et biodiversité.
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