cette méchante comparaison ? Depuis le temps qu’on reste sourd ! Sourd à
Dorst (1965). Sourd à l’appel du Club de Rome (1972). Sourd au
Millennium Ecosystem Assessment (2005)…
Mais changer notre vision du monde, changer nos comportements,
n’est-ce pas ce qu’il y a de plus difficile ? Voilà pourquoi nous en sommes
toujours là. L’exemple qui suit, que j’ai choisi de rapporter ici comme un
clin d’œil à Jean Dorst, en donne une triste image.
On a créé un continent… de déchets !
Originalité et prémonition, Jean Dorst consacre tout un chapitre aux
« déchets de la civilisation technique à l’assaut de la planète ».
Sa prophétie s’incarne, si j’ose dire, dans un gigantesque « continent »
de déchets qui atteint aujourd’hui près de 3,5 millions de km² – un tiers de
la superficie de l’Europe –, flottant dans le Pacifique nord entre Hawaii et la
Californie. Un continent constitué à 90 % de déchets en plastique, alimenté
d’année en année par les courants marins et les effets tourbillonnants du
grand vortex nord-Pacifique qui lui apportent brosses à dents, bouteilles…
et quantité de fragments de tailles variées – jusqu’à des débris
microscopiques – produits par les mouvements de l’eau, les ultraviolets, le
sel et chargés de polluants divers. Tout cela en provenance des côtes ou des
navires. Selon les observations et le suivi effectués depuis plus de dix ans
par l’Agalita Marine Research Foundation, ce « monstre boulimique »
aurait triplé de taille depuis les années 1990 et rassemble jusqu’à un million
de déchets persistants par km².
Ce qui pose problème c’est le temps nécessaire à la dégradation de ces
plastiques, estimé généralement entre cinq cents et mille ans, et la toxicité
des éléments qui les composent. Un continent mortel non seulement pour
les tortues qui s’étouffent avec des sacs en plastique assimilés à des
méduses, mais aussi pour de nombreux oiseaux et mammifères qui
consomment des poissons pollués par les petits débris qu’ils ont ingérés.
Ainsi, Greenpeace estime qu’à l’échelle de la Terre, environ 1 million
d’oiseaux et quelque 100 000 mammifères marins mouraient chaque année
de l’ingestion de plastiques.
Dorst (1965). Sourd à l’appel du Club de Rome (1972). Sourd au
Millennium Ecosystem Assessment (2005)…
Mais changer notre vision du monde, changer nos comportements,
n’est-ce pas ce qu’il y a de plus difficile ? Voilà pourquoi nous en sommes
toujours là. L’exemple qui suit, que j’ai choisi de rapporter ici comme un
clin d’œil à Jean Dorst, en donne une triste image.
On a créé un continent… de déchets !
Originalité et prémonition, Jean Dorst consacre tout un chapitre aux
« déchets de la civilisation technique à l’assaut de la planète ».
Sa prophétie s’incarne, si j’ose dire, dans un gigantesque « continent »
de déchets qui atteint aujourd’hui près de 3,5 millions de km² – un tiers de
la superficie de l’Europe –, flottant dans le Pacifique nord entre Hawaii et la
Californie. Un continent constitué à 90 % de déchets en plastique, alimenté
d’année en année par les courants marins et les effets tourbillonnants du
grand vortex nord-Pacifique qui lui apportent brosses à dents, bouteilles…
et quantité de fragments de tailles variées – jusqu’à des débris
microscopiques – produits par les mouvements de l’eau, les ultraviolets, le
sel et chargés de polluants divers. Tout cela en provenance des côtes ou des
navires. Selon les observations et le suivi effectués depuis plus de dix ans
par l’Agalita Marine Research Foundation, ce « monstre boulimique »
aurait triplé de taille depuis les années 1990 et rassemble jusqu’à un million
de déchets persistants par km².
Ce qui pose problème c’est le temps nécessaire à la dégradation de ces
plastiques, estimé généralement entre cinq cents et mille ans, et la toxicité
des éléments qui les composent. Un continent mortel non seulement pour
les tortues qui s’étouffent avec des sacs en plastique assimilés à des
méduses, mais aussi pour de nombreux oiseaux et mammifères qui
consomment des poissons pollués par les petits débris qu’ils ont ingérés.
Ainsi, Greenpeace estime qu’à l’échelle de la Terre, environ 1 million
d’oiseaux et quelque 100 000 mammifères marins mouraient chaque année
de l’ingestion de plastiques.
