chants et nidifications plus tôt dans la saison chez les oiseaux, des arrivées
plus précoces elles aussi des migrateurs, des émergences avancées de
papillons et autres insectes, des chœurs et reproductions anticipés chez les
amphibiens, des débourrements et floraisons plus tôt dans l’année chez les
plantes.
Ainsi, depuis 1960, on relève des feuillaisons et floraisons avancées de
1,4 à 3,1 jours par décennie chez de nombreuses plantes en Europe et en
Amérique du Nord ; des émergences avancées de 2,8 à 3,2 jours par
décennie chez 18 espèces de papillons en Grande-Bretagne et des
migrations de printemps avancées de 1,3 à 4,4 jours par décennie, suivies de
reproductions plus précoces de 1,9 à 4,8 jours par décennie chez de
nombreux oiseaux d’Europe et d’Amérique du Nord
18
.
En ce qui concerne les indications de cessations automnales plus
tardives, les résultats apparaissent moins nets et plus hétérogènes selon les
groupes considérés.
Glissements d’aire géographique
Ce sont les effets les plus immédiats des changements climatiques,
aussi attendus que les précédents. Chaque accroissement de 1 °C de
température déplace les aires écologiques terrestres d’environ 160 km vers
le pôle. Ainsi, si le climat se réchauffe de 4 °C à l’horizon 2100, les espèces
de l’hémisphère Nord auront à remonter vers le nord d’environ 500 km –
ou, en altitude, de 500 m – pour conserver le régime climatique auquel
elles sont supposées adaptées. Mais l’aptitude des espèces à survivre à de
tels changements dépendra largement de leur capacité à « suivre » les zones
climatiques qui leur sont favorables en colonisant de nouveaux territoires…
ou à modifier leur physiologie et leurs comportements saisonniers pour
s’adapter aux nouvelles conditions
19
.
De fait, des glissements vers les pôles et en altitude des domaines
géographiques de nombreuses espèces se sont produits chez une vaste
gamme de groupes taxonomiques et ont été bien documentés au cours de la
seconde moitié du XX e siècle.
À titre d’exemples, on citera le cas des plantes alpines qui remontent
en altitude de 1 à 4 m par décennie ; celui d’une quarantaine d’espèces de
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