d’une lecture autrement plus agréable et facile que les bilans quantitatifs
récents publiés ici ou là.
En outre, ce faisant, Jean Dorst dégage très clairement les principaux
processus et pressions qui pèsent encore aujourd’hui sur la biodiversité –
même si leur reformulation actuelle apparaît plus « technocratique » que
sous sa plume :
– la disparition, la fragmentation ou la transformation des habitats ;
– la surexploitation des populations d’espèces sauvages ;
– la pollution ;
– les espèces introduites qui deviennent envahissantes ;
– le changement climatique.
Seuls les changements climatiques, au sens où on l’entend ici, à savoir
les modifications induites par l’accroissement des gaz à effet de serre lié
aux activités humaines, ne sont pas évoqués par Jean Dorst. De fait, la prise
de conscience de l’importance de ce phénomène est postérieure à la
parution d’Avant que nature meure. L’analyse de ses effets sur le tissu
vivant planétaire s’est principalement développée à partir des années 1990.
Les indicateurs « habitats » ou « pressions » sont donc évidemment
essentiels pour appréhender globalement l’évolution du degré de
vulnérabilité des faunes et des flores. Et, sur ce plan, les diagnostics qui ont
été dressés tant par le MEA que dans les bilans effectués au titre de
« l’objectif 2010 » restent préoccupants : les cinq pressions rappelées cidessus sont, selon les régions du monde concernées, au mieux stables, mais
le plus souvent croissantes du fait de l’accroissement de la population
humaine et de ses consommations – qui ne marquent aucun signe de
fléchissement.
Ainsi, beaucoup de régions riches en biodiversité telles que l’Indonésie
ne cessent de perdre de grandes superficies d’habitats naturels. En
Amazonie et quelques autres régions forestières, des actions de
conservation jointes à une certaine récession économique ont toutefois
freiné les pertes
15
. Quant à l’état des écosystèmes coralliens et, plus
largement, des milieux océaniques, on a déjà vu ce qu’il en était : l’horizon
s’assombrit.
L’indice planète vivante du WWF, qui s’appuie sur les évolutions de
8 000 populations d’espèces de vertébrés appréhendées comme indicatrices
de l’état des écosystèmes, montre une différence marquée entre sa
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