n’a cessé de s’étendre depuis, même si on comprend que le monde des
invertébrés, largement méconnu, reste seulement effleuré. Pour illustrer
cette dynamique d’approfondissement des connaissances, j’ai repris dans le
tableau II la situation 2010.
On remarque notamment l’effort accompli pour couvrir la situation
d’un maximum d’espèces. Ce nombre passe, chez les vertébrés, de
22 733 espèces en 2004 à 33 468 en 2010 ; il triple chez les invertébrés,
mais n’atteint que la modeste valeur de 9 526 espèces quand on en recensait
près de 1,2 million ; et au total, ce sont près de 56 000 espèces évaluées en
2010 au lieu des quelque 38 000 six ans auparavant.
Il apparaît clairement que l’on dispose d’une bonne vision de la
situation et de son évolution pour les Vertébrés terrestres, mais que les
estimations restent beaucoup trop fragmentaires pour être généralisables
dans le cas des invertébrés – et même des plantes à fleur.
La question qui se pose en fait est simple à énoncer mais difficile à
alimenter en éléments de réponse convaincants : sommes-nous confrontés,
comme nous le disent les Myers, Ehrlich et autres Wilson, à une
accélération du rythme des extinctions, étant entendu que la fin d’une
espèce est un phénomène naturel, comme la mort pour tout individu qui
naît sur cette Terre ?
Tableau I. Nombre d’espèces menacées référencées par l’UICN
12
en 2004
Nombre
d’espèces
décrites
Nombre
d’espèces
évaluées
Nombre
d’espèces
menacées
en 2004
Nombre
d’espèces
menacées
en
%
d’espèces
décrites
Nombre
d’espèces
menacées
en
%
d’espèces
évaluées
Vertébrés
Mammifères
5 416
4 853
1 101
20 %
23 %
Oiseaux
9 917
9 917
1 213
12 %
12 %
Amphibiens
5 743
5 743
1 856
32 %
32 %
Reptiles
8 163
499
304
4 %
61 %
Poissons
28 500
1 721
800
3 %
46 %
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