impact au fur et à mesure qu’ils progressaient sur la voie de la civilisation et
perfectionnaient leurs techniques.
En revanche il faut relever le fait que, dès ces lointaines époques,
l’homme avait entamé une destruction véritable de la nature et mis en route
des processus d’érosion accélérée et de dégradation des associations
naturelles sans aucun profit pour lui-même, par suite d’une mauvaise
gestion et d’une incompréhension de la vocation des terres et de leur
utilisation rationnelle.
Sans doute, au début, dans une phase de stricte subordination,
l’homme subit les impératifs de son habitat naturel, et nous en avons encore
des exemples sous nos yeux à l’époque contemporaine. Mais cette période
est relativement courte. Bientôt l’homme contre-attaqua ou même attaqua,
fait strictement humain dont on ne retrouve pas d’équivalent dans l’histoire
des espèces animales. Qu’il le fît pour assurer sa survie et pour réaliser sa
destinée humaine est rationnel ; mais qu’il le fît en ruinant son habitat est
répréhensible, même si l’on tient compte du fait que les destructions
n’avaient encore qu’une importance locale en raison de la faible densité des
populations humaines.
Ces processus de dégradation de la surface de la terre s’accentuèrent
pendant les périodes ultérieures, au cours desquelles se firent et se défirent
de grands empires sur une bonne partie de la terre, bien avant l’irruption à
travers le monde entier de la civilisation industrielle d’origine européenne.
On a parfois avancé que la dégradation de la nature n’a vraiment
commencé qu’avec l’expansion des Blancs. À leur économie dévastatrice et
à leurs pillages, on oppose les méthodes conservatrices des autochtones de
toutes races, ou du moins leur nocivité moindre, ne serait-ce qu’en raison de
l’absence de moyens techniques aussi perfectionnés que ceux des
Européens. Cela est une erreur manifeste. En ce qui concerne la
conservation de la nature, et même d’un certain équilibre de l’homme avec
les milieux naturels, il est bien évident que le « bon sauvage » à la JeanJacques Rousseau n’existe guère.
Les sociétés primitives, préindustrielles, avaient déjà compromis
gravement l’existence de quelques habitats naturels. Sans doute même
l’extinction de certains êtres vivants date-t-elle de cette époque en quelques
points du globe.
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