Nous venons d’évoquer les grands problèmes relatifs à la
préservation de la nature sauvage dans le monde moderne. Il n’est pas
interdit maintenant de tenter une synthèse de cet ensemble à première vue
incohérent et d’essayer d’en tirer une doctrine, une philosophie de la
conservation de la nature et de ses ressources renouvelables, en rapport
avec le maintien d’un équilibre entre l’humanité et son milieu avec la
satisfaction des besoins légitimes de l’homme et la réponse à une de nos
préoccupations majeures : les ressources du Monde de demain.
Nos propos se sont souvent écartés de la protection de la nature telle
que la conçoivent encore certains. Peut-être qu’en ouvrant ce livre ceux-ci
ont été déçus par le fait qu’on n’y parlait pas assez d’animaux devenus rares
ou de plantes dont l’aire d’habitat se réduit comme la peau de chagrin. Sans
doute aussi nous reprochera-t-on d’avoir volontairement négligé le côté
sentimental. Peut-être aurait-il fallu insister sur les aspects émotionnels du
sujet, parfaitement respectables et encore d’une grande importance. Au lieu
de cela, nous avons fait allusion à la mise en culture, à l’exploitation
rationnelle des richesses naturelles, à un rendement meilleur des terres pour
le bénéfice de l’homme. Nous paraissons ainsi avoir trahi la « Cause ».
Une politique simpliste n’est cependant plus possible à l’époque
actuelle. Sous la pression d’une population humaine sans cesse croissante et
d’une technicité en perpétuelle évolution, les « réserves » sont attaquées les
unes après les autres : leurs barrières sont violées et les lisières sont
« grignotées » au point de rendre les mesures de protection rapidement
inopérantes.
On s’aperçoit en réalité à l’heure actuelle que l’homme ne peut être
dissocié des habitats naturels pris dans leur intégralité. Si l’on veut sauver la
nature sauvage – ou du moins ce qu’il en reste –, on ne le fera qu’en
intégrant celle-ci dans le théâtre des activités humaines.
Certains s’insurgent contre le fait que l’homme paraît s’arroger tous les
droits sur la terre, au détriment du reste de la création, alors qu’un animal et
une plante ont autant de droits à la survie. Bien que toutes les
métaphysiques et toutes les religions accordent à l’être humain une position
centrale dans notre monde et que celle-ci ne puisse être mise en doute,
l’homme n’a pas le droit moral d’exterminer l’ensemble des êtres vivants.
préservation de la nature sauvage dans le monde moderne. Il n’est pas
interdit maintenant de tenter une synthèse de cet ensemble à première vue
incohérent et d’essayer d’en tirer une doctrine, une philosophie de la
conservation de la nature et de ses ressources renouvelables, en rapport
avec le maintien d’un équilibre entre l’humanité et son milieu avec la
satisfaction des besoins légitimes de l’homme et la réponse à une de nos
préoccupations majeures : les ressources du Monde de demain.
Nos propos se sont souvent écartés de la protection de la nature telle
que la conçoivent encore certains. Peut-être qu’en ouvrant ce livre ceux-ci
ont été déçus par le fait qu’on n’y parlait pas assez d’animaux devenus rares
ou de plantes dont l’aire d’habitat se réduit comme la peau de chagrin. Sans
doute aussi nous reprochera-t-on d’avoir volontairement négligé le côté
sentimental. Peut-être aurait-il fallu insister sur les aspects émotionnels du
sujet, parfaitement respectables et encore d’une grande importance. Au lieu
de cela, nous avons fait allusion à la mise en culture, à l’exploitation
rationnelle des richesses naturelles, à un rendement meilleur des terres pour
le bénéfice de l’homme. Nous paraissons ainsi avoir trahi la « Cause ».
Une politique simpliste n’est cependant plus possible à l’époque
actuelle. Sous la pression d’une population humaine sans cesse croissante et
d’une technicité en perpétuelle évolution, les « réserves » sont attaquées les
unes après les autres : leurs barrières sont violées et les lisières sont
« grignotées » au point de rendre les mesures de protection rapidement
inopérantes.
On s’aperçoit en réalité à l’heure actuelle que l’homme ne peut être
dissocié des habitats naturels pris dans leur intégralité. Si l’on veut sauver la
nature sauvage – ou du moins ce qu’il en reste –, on ne le fera qu’en
intégrant celle-ci dans le théâtre des activités humaines.
Certains s’insurgent contre le fait que l’homme paraît s’arroger tous les
droits sur la terre, au détriment du reste de la création, alors qu’un animal et
une plante ont autant de droits à la survie. Bien que toutes les
métaphysiques et toutes les religions accordent à l’être humain une position
centrale dans notre monde et que celle-ci ne puisse être mise en doute,
l’homme n’a pas le droit moral d’exterminer l’ensemble des êtres vivants.
