La gravité de la situation n’échappe à personne. En raison de
l’accroissement de la population humaine, la pression de la pêche va aller
en augmentant et l’on demandera de plus en plus à la mer, notamment en
protéines animales, dont les océans restent la source principale. Il convient
en conséquence de continuer et d’amplifier les efforts faits actuellement
pour assurer un rendement élevé aux pêcheries, voire l’accroître, tout en
sauvegardant le capital lui-même.
Il est impensable à l’heure actuelle que l’homme puisse modifier la
haute mer et la « mettre en valeur » en la transformant comme il a fait des
milieux terrestres. Il s’agira donc toujours de l’exploitation d’une richesse
naturelle non transformée.
Dans leur ensemble les ressources marines restent peu exploitées, les
mers de l’hémisphère boréal – mer du Nord, Atlantique et Pacifique nord –
mises à part. Une augmentation du rendement global des mers est encore
possible par la mise en exploitation de nouveaux secteurs, en particulier le
long des côtes d’Afrique, d’Amérique du Sud (Argentine, Uruguay) et
d’Australie. Les mers tropicales abritent de nombreux poissons
pratiquement inexploités ; il est vrai que les coraux y rendent le chalutage
impossible et que de nouveaux procédés de pêche (notamment pêche
électrique) doivent être mis au point avant que ces secteurs puissent être
ouverts à une utilisation à grande échelle.
Il y aurait aussi lieu d’élargir l’éventail des espèces utilisées dans la
consommation humaine. Quatre-vingt-dix pour cent de la biomasse des
animaux marins sont constitués par des Invertébrés, pratiquement
inexploités, hormis quelques Mollusques et Crustacés. La plupart paraissent
sans doute non comestibles, mais des recherches seraient à entreprendre
dans ce domaine.
Même parmi les poissons, une très faible fraction est consommée par
l’homme et donne lieu à une exploitation régulière. Seuls 6 % des espèces
sont exploités et 2 % couramment. En pratique une douzaine d’espèces font
l’objet de pêches commerciales ; si l’on prend le tonnage comme base
d’estimation, 33 % sont constitués par des Clupéidés (Harengs, Sardines,
etc.), 25 % par des Gadidés (Morues et espèces voisines), 9 % par des
Scombridés (Maquereaux, Thons), 3 % par des poissons plats (Soles,
Limandes, Turbots, etc.), le reste étant formé d’espèces diverses. Il serait
donc souhaitable d’envisager l’exploitation d’autres types de poissons.
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