techniques. Si à cette époque reculée l’homme pouvait encore être
considéré comme un élément naturel, au même titre qu’une autre espèce
animale, cet état ne dura guère : l’évolution qui mène aux temps modernes
avait déjà commencé. L’histoire de l’humanité peut au fond être envisagée
comme une lutte de notre espèce contre son milieu et son affranchissement
progressif vis-à-vis de la nature et de certaines de ses lois, et comme un
asservissement à l’homme et aux inventions de son génie, du monde avec
son sol, ses plantes et ses animaux. Sans doute l’homme primitif n’avait de
loin pas l’énergie mécanique suffisante pour que son impact dans la nature
dépasse certaines limites étroitement circonscrites. Mais il n’y a qu’une
différence de degré
1
entre le cultivateur néolithique déboisant une clairière
et défrichant son sol et l’homme de l’an 2000 qui à coups d’explosions
atomiques déplacera des montagnes et changera le cours des fleuves, les
forçant à irriguer les déserts. Le fait humain est à prendre en considération
dans l’équilibre biologique du monde depuis les premiers débuts de
l’humanité, et si l’impact a été de plus en plus profond, il ne faut pas se
méprendre sur son ancienneté.
L’homme n’a eu pendant longtemps qu’une influence très limitée en
raison de la faible densité de ses populations dont le taux d’accroissement
se maintint à un niveau très bas au cours de millénaires, et à la modicité des
moyens techniques à sa disposition. Cette situation a survécu jusqu’à nos
jours dans certaines régions du globe. Si l’on envisage les multiples
civilisations écloses à travers le monde, il paraît incontestable que certaines
ayant atteint un très grand perfectionnement sur le plan intellectuel ont un
retard certain sur le plan strictement technique. Aussi l’impact de beaucoup
d’entre elles sur le monde sauvage fut-il dans l’ensemble relativement
modeste.
Cela ne veut bien entendu pas dire que l’homme n’a pas eu dès ces
époques reculées une influence dominante sur son milieu, portant souvent
préjudice à ses propres intérêts. À la différence de la plupart des autres
espèces animales, il est capable de détruire entièrement son habitat et de
supprimer les facteurs qui conditionnent son existence, bien avant d’en
ressentir les effets. Un équilibre relativement stable entre le milieu et
l’homme n’est donc atteint qu’après une période de latence telle que la
dégradation de l’habitat est désormais irréversible. Quand un herbivore se
multiplie au-delà de la capacité limite de son habitat et ravage celui-ci du
considéré comme un élément naturel, au même titre qu’une autre espèce
animale, cet état ne dura guère : l’évolution qui mène aux temps modernes
avait déjà commencé. L’histoire de l’humanité peut au fond être envisagée
comme une lutte de notre espèce contre son milieu et son affranchissement
progressif vis-à-vis de la nature et de certaines de ses lois, et comme un
asservissement à l’homme et aux inventions de son génie, du monde avec
son sol, ses plantes et ses animaux. Sans doute l’homme primitif n’avait de
loin pas l’énergie mécanique suffisante pour que son impact dans la nature
dépasse certaines limites étroitement circonscrites. Mais il n’y a qu’une
différence de degré
1
entre le cultivateur néolithique déboisant une clairière
et défrichant son sol et l’homme de l’an 2000 qui à coups d’explosions
atomiques déplacera des montagnes et changera le cours des fleuves, les
forçant à irriguer les déserts. Le fait humain est à prendre en considération
dans l’équilibre biologique du monde depuis les premiers débuts de
l’humanité, et si l’impact a été de plus en plus profond, il ne faut pas se
méprendre sur son ancienneté.
L’homme n’a eu pendant longtemps qu’une influence très limitée en
raison de la faible densité de ses populations dont le taux d’accroissement
se maintint à un niveau très bas au cours de millénaires, et à la modicité des
moyens techniques à sa disposition. Cette situation a survécu jusqu’à nos
jours dans certaines régions du globe. Si l’on envisage les multiples
civilisations écloses à travers le monde, il paraît incontestable que certaines
ayant atteint un très grand perfectionnement sur le plan intellectuel ont un
retard certain sur le plan strictement technique. Aussi l’impact de beaucoup
d’entre elles sur le monde sauvage fut-il dans l’ensemble relativement
modeste.
Cela ne veut bien entendu pas dire que l’homme n’a pas eu dès ces
époques reculées une influence dominante sur son milieu, portant souvent
préjudice à ses propres intérêts. À la différence de la plupart des autres
espèces animales, il est capable de détruire entièrement son habitat et de
supprimer les facteurs qui conditionnent son existence, bien avant d’en
ressentir les effets. Un équilibre relativement stable entre le milieu et
l’homme n’est donc atteint qu’après une période de latence telle que la
dégradation de l’habitat est désormais irréversible. Quand un herbivore se
multiplie au-delà de la capacité limite de son habitat et ravage celui-ci du
