la fin du siècle dernier (la première conserverie fut établie en 1899 en
Californie). Le tonnage débarqué annuellement a oscillé entre 300 et 2 000 t
jusqu’en 1912 ; il augmenta ensuite pendant la Première Guerre mondiale,
pour se stabiliser quelque peu, avant de s’accroître à nouveau dans des
proportions extraordinaires : en 1916-1917 il atteignait 27 000 t ; en 19241925, 174 000 t et pas moins de 800 000 t furent débarquées dans les ports
américains répartis de la Colombie britannique à San Diego pendant la
saison de pêche 1936-1937. Ces tonnages se maintinrent à un niveau voisin
pendant les années 1930 et les premières années de la décennie suivante,
faisant de l’exploitation de cette Sardine la première de tout le Nouveau
Continent par le tonnage débarqué et la troisième en valeur commerciale
(après celles du Thon et du Saumon) : la valeur marchande dépassait
annuellement 10 millions de dollars. Au cours de cette extraordinaire
prospérité, ces Sardines étaient utilisées non seulement par les conserveries,
mais aussi en vue de la fabrication d’engrais et de farine de poisson destinée
à l’alimentation du bétail.
À partir des premières années 1940, le tonnage débarqué subit des
fluctuations importantes, puis diminua d’une manière dramatique (fig. 63) :
en 1953-1954 seulement 4 460 t furent débarquées, condamnant à la ruine
une industrie prospère et obligeant les armateurs à désarmer les bâtiments et
à fermer les usines de transformation. Les premiers symptômes de la
raréfaction de l’espèce se manifestèrent au Canada, où le tonnage débarqué
passa de 34 000 t pendant la saison 1945-1946 à moins de 500 en 19471948. Puis ce fut le tour du nord des États-Unis, avant que la Californie, le
principal centre d’exploitation, ne fût touchée à son tour vers 1951. La
production est demeurée à un niveau très bas depuis cette époque
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.
Dès 1940, cependant, les biologistes s’étaient inquiétés de cette
exploitation abusive, dont les symptômes se manifestaient déjà par une
proportion moindre de Sardines adultes et une augmentation du nombre de
jeunes, montrant que l’on exploitait les immatures et les subadultes. L’effet
de l’overfishing demeurait encore masqué par un effort de pêche accru et
par un accroissement du tonnage de la flotte.
La surexploitation des Sardines est rendue responsable de cette
raréfaction accentuée, aboutissant à la disparition de la rentabilité
commerciale des opérations de pêche, bien que des causes naturelles aient
pu accélérer le phénomène. La diminution du stock d’individus
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