traduit la diminution massive des tonnages débarqués. Le Pérou occupait en
1969 la première place avec 9 243,6 milliers de tonnes, pour un tonnage
mondial de 62 700 milliers de tonnes. Ce chiffre s’éleva même à 12 612,9
en 1970, avant de tomber à 2 299,3, soit moins du cinquième, en 1973. Une
surexploitation manifeste est venue conjuguer ses effets à ceux d’un
phénomène naturel.
Cela doit être pour l’homme une raison supplémentaire de gérer
sagement les ressources naturelles des océans, et de ne pas ajouter un
facteur de destruction artificiel à des causes qui échappent à tout contrôle.
1. La pêche au Flétan et ses vicissitudes
Tout autour du cercle arctique, aussi bien dans l’Atlantique que dans le
Pacifique, se rencontre un poisson d’excellente qualité, le Flétan
Hypoglosses ou « Halibut », le plus grand de tous les Pleuronectes (dont la
Sole est le mieux connu), pouvant dépasser une longueur de 3 m et un poids
de 300 kg. Sa croissance est lente et sa maturité sexuelle tardive. Les
populations de l’Atlantique ont été considérablement appauvries par des
prélèvements excessifs, surtout celles d’individus trop jeunes et d’une taille
insuffisante, particulièrement appréciés dans certains pays anglo-saxons. Il
en subsiste sans doute encore dans les mers du Groenland à la Scandinavie,
mais les stocks survivants ne peuvent plus donner lieu à une pêche
industrielle régulière, sauf au large de la Norvège où une réglementation
stricte protège les Flétans et en assure l’exploitation rationnelle.
Les populations de Flétans du Pacifique nord auraient suivi une
évolution semblable sans les mesures de conservation prises par le Canada
et les États-Unis. Elles furent en effet exploitées avec une intensité
croissante au début de ce siècle ; 1,5 million de livres furent débarquées en
1888 et 50 millions en 1908. Mais les tonnages ne tardèrent pas à baisser
d’une manière inquiétante, en dépit de l’exploitation de nouveaux fonds de
pêche. Dans un district de la côte pacifique, la prise par unité d’effort passa
de 320 livres en 1915, à 143 livres en 1920, et à 79 livres en 1927. Pour
l’ensemble des secteurs, ces chiffres n’atteignirent en 1927 que le tiers des
valeurs relatives en 1915. L’ensemble de la population de Flétans avait été
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