512 384 Cerfs furent abattus au total par les chasseurs appointés par le
gouvernement. Si l’on tient compte des prélèvements par les particuliers et
en se basant sur l’exportation de peaux de Cerfs, on peut estimer qu’au
minimum 1,4 million d’individus ont été abattus pendant cette période,
mais le chiffre réel est vraisemblablement 2 fois plus élevé.
Les Opossums donnent lieu à une chasse au moins aussi intensive, car
en 1945, pas moins de 922 088 ont été prélevés. Nous avons évoqué ailleurs
les opérations dirigées contre le Lapin.
Il faut bien entendu tenir compte des ressources économiques tirées de
l’exploitation de ces animaux, à inscrire à leur crédit. Mais le déficit reste
énorme, surtout si l’on tient compte de la dégradation des terres, dont les
effets permanents vont en s’aggravant.
Notons enfin que de nombreux végétaux ont été acclimatés. Allan
(1936) les estime à 603 espèces, mais seules 48 entrent véritablement en
compétition avec les espèces autochtones. Il faut remarquer que,
contrairement aux animaux, les plantes introduites ne prospèrent que sous la
protection humaine ou dans des habitats plus ou moins modifiés, soit par
l’homme soit par les animaux acclimatés. Il est probable que si l’homme et
les animaux introduits venaient à disparaître, les végétaux indigènes
reprendraient le dessus et élimineraient la plupart des espèces exogènes
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.
Les diverses tentatives d’acclimatation ont donc été des plus
préjudiciables à l’équilibre de la nature en Nouvelle-Zélande. Les efforts
des colons pour construire un monde vivant à l’image de celui qu’ils
avaient connu en Europe ont abouti à une caricature de celui-ci. Ils ont
compromis l’avenir de beaucoup d’espèces autochtones et ruiné les
habitats. Ils ont créé de graves problèmes économiques consécutifs à la
pullulation de certaines espèces. La Nouvelle-Zélande constitue un
lamentable exemple de rupture d’équilibre dû à l’introduction d’éléments
exogènes multipliés sans frein.
Cet exemple se retrouve dans d’autres parties du globe, surtout dans
les régions insulaires, d’un équilibre particulièrement fragile. C’est
notamment le cas des îles Hawaii, des Galapagos, de la plupart des Antilles,
sans compter les îles subantarctiques où l’introduction de la Souris, du Rat,
du Lapin, a tourné à la catastrophe pour la flore et la faune autochtones.
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