comme utile par les pisciculteurs, car il faucarde la végétation aquatique
devenue envahissante, nettoie les surfaces d’eau dormante couvertes d’une
végétation dense et augmente la productivité des étangs (accélération de la
minéralisation des vases) (Ehrlich, 1959). Cette action n’est toutefois
bénéfique que si les effectifs de Ragondins sont bas, faute de quoi on
aboutit à une destruction de l’habitat
191
.
En revanche, l’introduction en Angleterre
192
de l’Écureuil gris Sciurus
carolinensis fut des plus malheureuses et se solde par de graves préjudices
aux forêts et par une rupture d’équilibre aux dépens de l’Écureuil européen
Sciurus vulgaris, qui régresse devant l’envahissement de son rival
américain (Shorten, 1954).
L’Écureuil gris, originaire de l’est des États-Unis, fut introduit dès
1876 dans le Cheshire, puis dans différentes parties du sud de l’Angleterre
entre 1890 et 1929. Il ne tarda pas à se répandre à partir des divers foyers
initiaux, et, dès 1930, il occupait une aire d’environ 26 000 km 2 , surtout
dans le sud-est de l’Angleterre ; l’extension était partout rapide, avec des
régressions temporaires dues à des épizooties (coccidiose) ou à des hivers
rigoureux. En 1945, tout le sud de l’Angleterre était envahi, la progression
de l’Écureuil américain n’étant arrêtée que par des fleuves difficilement
franchissables, des barrières écologiques (landes et zones marécageuses
dépourvues d’arbres) et les districts industriels. À l’heure actuelle
l’Écureuil gris occupe la majeure partie de l’Angleterre, une partie de
l’Écosse et une large aire en Irlande, où il a été introduit en 1913 (fig. 53).
Partout il se multiplie d’une manière très rapide.
L’Écureuil gris est considéré comme une vraie peste par les biologistes
britanniques, dont certains n’hésitent pas à affirmer que seul le Surmulot le
dépasse en malfaisance. Sans doute tous les Écureuils sont quelque peu
nuisibles aux forêts en attaquant les arbres qu’ils écorcent et dont ils
endommagent le cambium, infligeant de sévères blessures par lesquelles
pénètrent les Champignons pathogènes. De plus ils se montrent nuisibles
aux pépinières et aux jeunes plantations. Mais l’Écureuil gris se montre
particulièrement malfaisant, en témoignant d’une prédilection affirmée pour
l’attaque des arbres ; sa nocivité est de plus décuplée par une densité plus
forte que celle de l’Écureuil européen.
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