Du fait de son extrême prolificité, ce Crabe s’est montré très nuisible
en modifiant les habitats aquatiques (destruction des plantes submergées),
en entrant en compétition avec certains poissons
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(concurrence
alimentaire), en minant les berges et les digues et provoquant des
éboulements (éminemment fouisseurs, ces Crabes creusent des terriers et
des galeries atteignant 80 cm de profondeur et 12 cm de diamètre ; on en a
compté jusqu’à 30 au m 3 ) et gênant la pêche (ils endommagent les filets et
obturent les nasses). Aucun moyen de contrôle n’a encore donné des
résultats satisfaisants, en dépit de captures massives réalisées grâce à des
barrages et à des fosses lors de ses migrations : sur une rivière près de
Berlin, 2,5 millions d’individus furent recueillis en 5 mois ; près de
Magdebourg, 355 t furent collectées en 1932 dans l’Elbe. Cette destruction
s’est montrée inopérante et aucun moyen n’a encore été découvert pour
endiguer son extension. Ce Crabe aura donc contribué à détruire l’équilibre
naturel des eaux douces d’Europe tout en causant de graves préjudices à
l’homme (André, 1947).
Si les introductions de Poissons végétariens ou planctonophages ne
sont pas exemptes de dangers, celles-ci sont beaucoup plus graves dans le
cas des espèces carnivores dont certaines peuvent devenir de redoutables
prédateurs dans le milieu où ils ont été imprudemment libérés
177
.
C’est notamment ce qui s’est passé dans les rivières et les lacs des
étages tempérés et montagnards des Andes où furent introduits plusieurs
Salmonidés nord-américains. Or ces eaux pauvres en poissons sont
peuplées de Siluridés du genre Trichomycterus et de Cyprinodontidés du
genre Orestias (fig. 47), différenciés en un nombre assez considérable
d’espèces, adaptées chacune à un mode de vie différent, notamment au
point de vue des spécialisations alimentaires (les unes sont végétariennes,
d’autres se nourrissent strictement de Crustacés, d’autres de petits
Mollusques). Il s’agit de groupes ayant littéralement « éclaté » dans leur
évolution, et occupant une série de niches écologiques demeurées vacantes
par suite de la réduction des souches établies sur les hauts plateaux andins.
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