Certaines plantes importées dans les régions tropicales pour aménager
des barrières vivantes dans les zones d’élevage sont devenues des pestes en
envahissant les pâturages. En Nouvelle-Calédonie (Barrau et Devambez,
1957), le Lantana Lantana camara, originaire d’Amérique tropicale et
introduit au début de la colonisation comme plante d’ornement, fut
préconisé comme barrière, ses longs rameaux épineux devant s’opposer au
passage du bétail. Il ne tarda pas à se multiplier d’une manière
incontrôlable, envahissant des pâturages tout entiers
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en compagnie
d’autres plantes tout aussi prolifiques : Acacia farnesiana, la Sensitive
géante Mimosa invisa (parvenue dans les années 1930 et ayant passé
faussement pour une Légumineuse fourragère de grande valeur), et le
Goyavier Psidium guajava importé d’Amérique. Ces plantes ont envahi les
terres d’utilisation pastorale du versant occidental de l’île, au climat sec. Si
elles contribuent parfois à protéger le sol contre l’érosion, leur
multiplication a diminué considérablement le rendement des pâturages, au
détriment de plantes autochtones plus intéressantes.
L’introduction des Opuntias en Australie fut plus catastrophique
encore. Un seul pied d’Opuntia inermis importé en 1839 dans la NouvelleGalles du Sud s’y multiplia avec une vitesse accélérée. À la fin du siècle ce
Cactus couvrait 4 millions d’hectares ; en 1920, environ 24 millions, et il
continuait à progresser de 4 millions d’hectares par an. Les meilleures terres
d’élevage disparaissaient sous ce fléau. Divers procédés de lutte furent
essayés sans effet. Ce n’est qu’en 1925 qu’il vint à l’idée d’importer
d’Uruguay et du nord de l’Argentine un petit Papillon, Cactoblastis
cactorum, dont la chenille dévore les raquettes, y creusant des galeries par
où pénètrent des agents de décomposition, bactéries et champignons. Le
résultat fut spectaculaire, car ce Cactus disparut aussi vite qu’il avait
progressé
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.
Une autre cause d’introduction provient de l’établissement à l’état
subspontané de plantes ornementales. Au moins quelque 20 000 espèces
végétales font l’objet d’une pratique horticole quelconque. Bien entendu
beaucoup d’entre elles ne peuvent vivre qu’en serre sous certains climats, et
n’ont de ce fait aucune chance de se répandre dans la nature. Mais d’autres
peuvent s’échapper de « captivité », s’adapter à la vie sauvage, entrer en
compétition avec des espèces autochtones et tendre à les éliminer, voire à
devenir de véritables « pestes » végétales. Le meilleur exemple est fourni
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