accélération du phénomène, et stériliserait des communautés marines
essentielles au fonctionnement de la biosphère et à l’approvisionnement en
aliments d’une partie de l’humanité.
Il ne semble toutefois pas y avoir de danger immédiat, certaines
mesures récentes ayant montré que le taux de l’oxygène n’a pas changé
d’une manière significative par rapport à des mesures dignes de foi
effectuées depuis 1910 (Broecker ; Matcha et Hughes, Science, 168, 1970).
Les diverses pollutions dont l’homme est responsable sont également
susceptibles de provoquer des perturbations profondes des conditions
climatiques
157
. Les modifications du climat, maintenant bien connues dans
les villes, peuvent affecter de bien plus vastes surfaces. En surchargeant
l’atmosphère de poussières, l’homme modifie fondamentalement la
composition du rayonnement incident, les échanges thermiques et les
courants aériens. C’est notamment ce qui a été avancé pour expliquer la
désertification du nord-ouest de l’Inde et du Pakistan occidental (Bryson et
Baerreis, 1967). L’atmosphère y est chargée d’une telle quantité de
poussière que le sol n’est plus visible d’une altitude de 3 000 m. On y a
mesuré jusqu’à 800 μg/m 3 de particules solides, alors que leur teneur ne
dépasse pas 200 μg au-dessus de Chicago, où l’air ne passe cependant pas
pour limpide. Le désert du Rajputana, qui est probablement le désert le plus
poussiéreux du monde, est cependant surmonté d’une atmosphère d’une
humidité comparable à celle que l’on trouve au-dessus de la forêt tropicale
humide. Et pourtant les précipitations y sont extrêmement faibles. En fait ce
désert devrait être couvert de savanes. Mais le couvert végétal a été détruit
par le surpâturage, surtout par les chèvres, et par de mauvaises pratiques
culturales, qui ont déclenché une érosion éolienne et une charge de l’air en
poussières. Ces conditions atmosphériques ont entraîné une diminution des
condensations, donc une nouvelle désertification et une érosion encore
accélérée par suite d’un surpâturage accru. La teneur de l’air en poussières a
augmenté à nouveau de ce fait, et le cycle infernal recommence. La
civilisation de l’Indus, jadis si florissante, comme l’attestent les puissantes
cités enfouies sous les sables, ne pourrait plus s’épanouir de nos jours.
L’homme est ainsi responsable de la désertification de ces régions encore
densément peuplées, avec son cortège de problèmes économiques et
sociaux. Un processus analogue aurait bien pu avoir lieu sur les pourtours
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