circonstances découlent du véritable mélange des milieux terrestres et des
milieux aquatiques ; leur contact engendre des productions végétales et
animales d’un volume considérable. Ceci est particulièrement vrai des
habitats côtiers, où la mer, les eaux douces et les terres se mêlent d’une
manière complexe ; il en résulte un « rendement » biologique inégalé
ailleurs.
Négligeant complètement l’interaction de ces milieux différents,
l’activité de l’homme a consisté précisément à les séparer, comme s’il
voulait appliquer des principes cartésiens à la nature ! Nous voulons écarter
les eaux de la terre ; le milieu marin des eaux douces. Ce qui se traduit par
la construction de digues, la canalisation et la rectification des cours d’eau,
et surtout le drainage et l’assèchement de tous les milieux humides.
Cette action est sans aucun doute ancienne, car même les manuels
scolaires nous rapportent que depuis la plus haute Antiquité, l’homme a
pour objectif l’assèchement des marais. Cela a conduit notamment dans les
pays de vieille civilisation à une réduction extrême des milieux aquatiques
qui n’occupent plus à l’heure actuelle qu’une surface proportionnellement
minime par rapport à l’ensemble des terres. Peu bénéficient du statut de
réserves (environ 10 % aux États-Unis, moins de 2 % en France où à elle
seule la Camargue représente les deux tiers de cette évaluation), et tous sont
gravement menacés par les plans d’aménagement.
Dans la plupart des cas, des raisons esthétiques et morales suffiraient à
justifier la préservation dans leur état naturel de certains biotopes
aquatiques. La plupart d’entre eux sont très pittoresques et leur préservation
peut maintenir en vie un grand nombre d’animaux et de végétaux dont la
survie dépend de conditions écologiques strictes et bien déterminées. De
très nombreux arguments jouent en faveur de leur conservation, et
notamment diverses raisons économiques. Il ne faut pas oublier avant tout
que les zones marécageuses ont un rôle très important dans l’équilibre
hydrique de régions tout entières, en y régularisant le débit des rivières et en
restituant des volumes d’eau importants pendant les périodes sèches. Par
ailleurs elles contribuent à fertiliser les districts vers lesquels sont drainées
leurs eaux en y transportant des matières organiques. Enfin – et ce fait est
prouvé dans de nombreux cas précis – le rendement économique (chasse,
pêche, et pâturage) des marécages est souvent plus important avant qu’après
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