Fig. 36. Évolution de la forêt primaire hygrophile sous l’influence de
l’homme et de la mise en culture itinérante. 1. État primitif avant
l’intervention de l’homme ; 2. Défrichement à but cultural ; 3. Plantation
(Maïs, Manioc, etc.) ; 4. Jachère après abandon des cultures ; 5.
Transformation progressive en savane herbeuse si les cultures sont
poursuivies ; si les conditions sont favorables, on peut assister à la
transformation en savane boisée, du fait de la colonisation par des espèces
d’apport (7) ; 6. Si les cultures sont abandonnées rapidement, on assiste à
une évolution vers la forêt secondaire, qui, dans de rares conditions et sans
nouvelle intervention de l’homme, pourra à nouveau évoluer vers une forêt
à allure primaire. D’après Sillans, 1958.
Les mêmes faits se reproduisent actuellement en Amérique du Sud,
continent demeuré jusqu’en des temps très récents à l’abri de dévastations
trop graves, sauf dans certains secteurs comme le Brésil oriental. Cette
dernière région a été mise en coupe dès l’époque coloniale et à l’heure
actuelle la façade boisée atlantique de la Serra do Mar est trompeuse :
l’écran forestier cache en réalité des montagnes et des plateaux dénudés. La
forêt d’Araucarias (Araucaria angustifolia) des États du Sud est
particulièrement menacée ; cette richesse, une des plus sûres du Brésil, est
en voie de disparition rapide. Dans le seul État de Parana, elle s’étendait
primitivement sur 7 620 000 ha. En 1953, cette surface n’était plus que de
2 770 000 ha, près de 5 millions d’hectares ayant été rasés en 20 ans. Ces
forêts n’ont aucune chance de régénérer, car l’exploitation consiste en un
déboisement pur et simple, une opération de nettoyage du sol précédant la
création de pâturages vite improductifs. Dans 30 ou 40 ans, l’exploitation
des Araucarias s’arrêtera faute d’Araucarias (Aubréville, Étude écologique
des principales formations végétales du Brésil, Nogent-sur-Marne, 1961).
L’érosion consécutive à la déforestation se fait aussi sentir gravement
dans les régions andines, au niveau des étages tropicaux et subtropicaux. En
Colombie, par exemple, l’érosion consécutive au déboisement ravage
quelque 200 000 ha chaque année, notamment dans les Cordillères centrales
et de Santa Marta.
De nouvelles voies de pénétration sont tracées à travers l’Amérique
latine, notamment dans le Bassin amazonien qui ne constitue déjà plus la
masse énorme et inviolée qu’il était jusqu’à maintenant. L’Amazonie avait
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