les Européens ont défriché sur une vaste échelle pour établir des
plantations, pour produire des denrées d’exportation. L’industrialisation des
cultures a déterminé à son tour une déforestation massive lourde de
conséquences, bien plus graves encore que celles qu’entraînent les cultures
autochtones, limitées par les besoins des populations locales. Les
plantations industrielles, établies partout à travers le monde tropical, dont le
principal souci est d’une manière avouée ou non d’assurer le rendement
maximal dans le minimum de temps, ont amené la régression rapide de la
forêt, en même temps d’ailleurs que l’appauvrissement des sols ; les
produits sont exportés sans profit pour les écosystèmes locaux, et
représentent donc une perte sèche en matière minérale et organique.
La déforestation a pris des proportions dramatiques dans certaines
parties de l’Afrique (fig. 35) ; les voyageurs qui l’ont parcourue à des
intervalles espacés sont unanimes à décrire la régression de la forêt. Shantz
(1948) estime que les forêts tropicales ont diminué des deux tiers à travers
le continent. Au Ghana, les plantations de cacao s’étendent de 75 000 ha par
an, au détriment de la forêt qui n’occupe plus que 15 % de la surface du
pays. Au Nigeria, ce sont 250 000 ha qui disparaissent chaque année pour
faire place à ces plantations bientôt ravagées par l’érosion. Les énormes
massifs de Côte-d’Ivoire ne sont plus guère qu’un souvenir et demain ce
sera le tour du Gabon. Le chemin de fer transgabonais va, d’ici quelques
années, relier Libreville à Belinga et à Franceville. Il permettra d’exploiter
d’énormes gisements de fer et de manganèse, mais aussi de raser la forêt.
Un premier tronçon menant à Booué ouvrira près de 3 millions d’hectares à
l’exploitation, peu après des secteurs situés plus à l’est. Il ne s’agit bien sûr
pas d’empêcher le Gabon de bâtir sa prospérité économique sur ses
ressources minières et renouvelables. C’est le remplacement d’un milieu
stable par des forêts artificielles et des cultures à l’avenir incertain qui
remplit d’inquiétude les témoins de telles opérations (fig. 36).
plantations, pour produire des denrées d’exportation. L’industrialisation des
cultures a déterminé à son tour une déforestation massive lourde de
conséquences, bien plus graves encore que celles qu’entraînent les cultures
autochtones, limitées par les besoins des populations locales. Les
plantations industrielles, établies partout à travers le monde tropical, dont le
principal souci est d’une manière avouée ou non d’assurer le rendement
maximal dans le minimum de temps, ont amené la régression rapide de la
forêt, en même temps d’ailleurs que l’appauvrissement des sols ; les
produits sont exportés sans profit pour les écosystèmes locaux, et
représentent donc une perte sèche en matière minérale et organique.
La déforestation a pris des proportions dramatiques dans certaines
parties de l’Afrique (fig. 35) ; les voyageurs qui l’ont parcourue à des
intervalles espacés sont unanimes à décrire la régression de la forêt. Shantz
(1948) estime que les forêts tropicales ont diminué des deux tiers à travers
le continent. Au Ghana, les plantations de cacao s’étendent de 75 000 ha par
an, au détriment de la forêt qui n’occupe plus que 15 % de la surface du
pays. Au Nigeria, ce sont 250 000 ha qui disparaissent chaque année pour
faire place à ces plantations bientôt ravagées par l’érosion. Les énormes
massifs de Côte-d’Ivoire ne sont plus guère qu’un souvenir et demain ce
sera le tour du Gabon. Le chemin de fer transgabonais va, d’ici quelques
années, relier Libreville à Belinga et à Franceville. Il permettra d’exploiter
d’énormes gisements de fer et de manganèse, mais aussi de raser la forêt.
Un premier tronçon menant à Booué ouvrira près de 3 millions d’hectares à
l’exploitation, peu après des secteurs situés plus à l’est. Il ne s’agit bien sûr
pas d’empêcher le Gabon de bâtir sa prospérité économique sur ses
ressources minières et renouvelables. C’est le remplacement d’un milieu
stable par des forêts artificielles et des cultures à l’avenir incertain qui
remplit d’inquiétude les témoins de telles opérations (fig. 36).
