l’autre, dans de vibrants bruits d’ailes, s’éloigna sur le soleil levant, après
avoir décrit un ove dans le ciel, comme pour y laisser à mes yeux sa trace.
Et chacune prit le large selon la ligne de percée qui lui avait été tracée par
le haut commandement.
Les cinq bataillons de voiliers avaient déjà disparu dans leurs nuages
roses sur l’horizon quand le boy vint me tirer par la manche et me réveiller
à nouveau, cette fois dans un autre rêve que je gardais devant mes yeux
comme le phantasme d’une caravane aérienne d’oiseaux géants dont
aucune technocratie n’avait altéré le pouvoir de l’espèce, le sens de la
famille, l’ordre de la classe, la régulation des mœurs, la force de l’instinct,
les étincelles de l’intelligence. Les pélicans étaient demeurés comme leurs
ancêtres, identifiables à leur propre espèce, respectueux de ses lois et de
leur destin, intégrés dans le souverain équilibre de la vie sauvage. Plus
purs que les hommes. Immuables et fiers, extraterrestres. Tels des dieux.
N’avons-nous pas le droit, et le devoir, de les aimer ?
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