Ces vues ne correspondent toutefois plus à la situation actuelle. Aussi
constructive qu’ait été l’attitude des « protecteurs de la nature », celle-ci est
maintenant dépassée en raison de l’évolution politique et économique d’un
monde dont la face a été changée profondément par des troubles de toutes
sortes et par des guerres aux séquelles innombrables. Des menaces chaque
jour plus lourdes mettent gravement en péril le fragile équilibre dont
jouissait la nature au cours des premières décennies de ce siècle. Partout les
massacres d’animaux ont pris des proportions inégalées jusqu’à présent.
L’augmentation de la population humaine, les progrès de l’industrialisation,
de mauvaises pratiques agricoles, une exploitation exagérée et irrationnelle
des terres et des mers, obligent les hommes à se tourner sans cesse vers de
nouveaux districts demeurés intacts ou peu modifiés.
Il faut maintenant se rendre à l’évidence : la simple mise en réserve de
certaines parcelles ne suffira pas à préserver la nature. Le parc national et le
« sanctuaire » ne constituent plus que des solutions locales et partielles. En
raison de l’unité du monde toute solution doit s’appliquer à l’ensemble de la
planète dont l’homme doit envisager l’aménagement en fonction de son
intérêt bien conçu.
Par ailleurs on s’aperçoit de plus en plus que les activités humaines
portent préjudice à notre propre espèce. L’homme s’intoxique lui-même en
empoisonnant, au sens propre du terme, l’air qu’il respire, l’eau des rivières
et le sol de ses cultures. Des pratiques agricoles déplorables appauvrissent
la terre d’une manière souvent irrémédiable et une surexploitation des mers
diminue les ressources que l’on peut espérer en tirer.
On pourrait presque dire d’une manière paradoxale que le problème le
plus urgent que pose de nos jours la conservation de la nature est la
protection de notre espèce contre elle-même : l’Homo sapiens a besoin
d’être protégé contre l’Homo faber. On ne peut plus dissocier l’homme
d’un milieu naturel dont on n’exclura aucune espèce animale ou végétale,
chacune intervenant pour une part dans un vaste équilibre. Le salut de
l’homme est à ce prix. Et la sauvegarde de la nature sera assurée en même
temps, contrairement à ce que pensent encore quelques « protecteurs »
attardés.
Nous ne devons pas nous trouver dans la position d’un amateur d’art
qui, ayant enfermé quelques objets précieux dans des vitrines,
abandonnerait à des visiteurs peu soigneux un mobilier de grande valeur sur
constructive qu’ait été l’attitude des « protecteurs de la nature », celle-ci est
maintenant dépassée en raison de l’évolution politique et économique d’un
monde dont la face a été changée profondément par des troubles de toutes
sortes et par des guerres aux séquelles innombrables. Des menaces chaque
jour plus lourdes mettent gravement en péril le fragile équilibre dont
jouissait la nature au cours des premières décennies de ce siècle. Partout les
massacres d’animaux ont pris des proportions inégalées jusqu’à présent.
L’augmentation de la population humaine, les progrès de l’industrialisation,
de mauvaises pratiques agricoles, une exploitation exagérée et irrationnelle
des terres et des mers, obligent les hommes à se tourner sans cesse vers de
nouveaux districts demeurés intacts ou peu modifiés.
Il faut maintenant se rendre à l’évidence : la simple mise en réserve de
certaines parcelles ne suffira pas à préserver la nature. Le parc national et le
« sanctuaire » ne constituent plus que des solutions locales et partielles. En
raison de l’unité du monde toute solution doit s’appliquer à l’ensemble de la
planète dont l’homme doit envisager l’aménagement en fonction de son
intérêt bien conçu.
Par ailleurs on s’aperçoit de plus en plus que les activités humaines
portent préjudice à notre propre espèce. L’homme s’intoxique lui-même en
empoisonnant, au sens propre du terme, l’air qu’il respire, l’eau des rivières
et le sol de ses cultures. Des pratiques agricoles déplorables appauvrissent
la terre d’une manière souvent irrémédiable et une surexploitation des mers
diminue les ressources que l’on peut espérer en tirer.
On pourrait presque dire d’une manière paradoxale que le problème le
plus urgent que pose de nos jours la conservation de la nature est la
protection de notre espèce contre elle-même : l’Homo sapiens a besoin
d’être protégé contre l’Homo faber. On ne peut plus dissocier l’homme
d’un milieu naturel dont on n’exclura aucune espèce animale ou végétale,
chacune intervenant pour une part dans un vaste équilibre. Le salut de
l’homme est à ce prix. Et la sauvegarde de la nature sera assurée en même
temps, contrairement à ce que pensent encore quelques « protecteurs »
attardés.
Nous ne devons pas nous trouver dans la position d’un amateur d’art
qui, ayant enfermé quelques objets précieux dans des vitrines,
abandonnerait à des visiteurs peu soigneux un mobilier de grande valeur sur
