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l’île de Kauai ont été retrouvés dans des lambeaux forestiers (Richardson et Bowles, ibid., 63, 1961 : 179-180). Ces auteurs insistent sur l’absolue nécessité de
conserver ces forêts autochtones, derniers refuges d’oiseaux qui disparaîtraient si leurs habitats relictuels étaient modifiés.
. À propos de l’Albatros de Steller, nous ne pouvons pas manquer d’évoquer la question de la plumasserie sous son aspect général. Cette industrie se développa
surtout vers la fin du siècle dernier, époque où des dizaines de milliers de peaux d’oiseaux naturalisés affluèrent sur le marché européen, principalement à Paris et à
Londres. Ce matériel provenait principalement de Malaisie (« Malacca »), du Japon (les Japonais « écumèrent » tout l’océan Pacifique), du Sénégal et enfin
d’Amérique du Sud (Bogota, Trinidad, Bahia). On reste stupéfait d’avoir vu chez les plumassiers les centaines de milliers de peaux d’oiseaux les plus divers
s’entasser dans des boîtes en attendant d’être parées ou transformées pour orner ( ?) les chapeaux féminins. D’innombrables Colibris voisinaient avec des Merles
métalliques, des Foliotocols, des Oiseaux de paradis et des Perroquets, mais aussi avec des oiseaux au plumage si humble qu’ils ne paraissent pas susceptibles de
tenter un modéliste.
Ce commerce, qui ne semble pas avoir eu une grande influence sur les populations aviennes d’Amérique du Sud, fut en revanche désastreux pour les oiseaux
océaniens et pour les Aigrettes : ces échassiers furent en effet chassés pour leurs parures nuptiales de forme et de texture variables selon les espèces. Massacrées
dans leurs colonies de reproduction, au moment où leur plumage s’orne de longs filaments très caractéristiques, les corps de ces Aigrettes étaient abandonnés sur
place après que les chasseurs eurent simplement arraché les plumes désirées. Ce fut d’ailleurs le spectacle lamentable des colonies du sud-est des États-Unis qui
provoqua dans ce pays une saine réaction dont la fondation de la Société Audubon fut l’étape marquante (deux gardes de cette société furent tués par les plumassiers
quand les réserves furent établies).
Le commerce de la « plume » déclina progressivement après la Première Guerre mondiale et disparut à la Seconde. Les dépouilles actuellement utilisées dans la
mode proviennent de stocks anciens ou d’oiseaux domestiques. Il est particulièrement heureux qu’il en soit ainsi, car cette industrie fut très néfaste et sa poursuite
aurait entraîné de graves répercussions sur l’avifaune mondiale. Il faut cependant souligner que cette masse d’oiseaux naturalisés où puisèrent de nombreux
ornithologues permit à nos connaissances de faire des progrès inégalés dans l’étude d’autres groupes zoologiques.
Un certain trafic de plumasserie subsiste encore à l’heure actuelle, notamment en ce qui concerne les Paradisiers, exportés clandestinement des Moluques vers
l’Indonésie où ils sont achetés à très haut prix par des amateurs. Plusieurs espèces sont de ce fait gravement menacées (P. Pfeffer, Bull. I.C.B.P., 9, 1963 : 90-95).
. De 1888 à 1909 une prime d’une livre fut versée par animal abattu.
. « Il est malheureux qu’un animal aussi intelligent que l’éléphant soit tué pour permettre à des créatures pas beaucoup plus intelligentes que lui de jouer au billard
avec des boules faites avec ses dents » (R. Meinertzhagen, Kenya Diary).
. Une tendance semblable se manifeste en Ouganda où en 1926 le poids des défenses était de 55 livres, contre 40 livres en 1958 (Brooks et Buss, Mammalia, 26,
1962 : 10-34).
. En particulier des Rats, des Souris et des Singes Macaca cynomolgus.
. Les os des Albatros servaient à faire des tuyaux de pipe pour les marins !
. La Baleine grise Eschrichtius gibbosus a failli elle aussi disparaître dans cette même région du globe au cours des premières décennies de ce siècle. Bénéficiant
d’une protection totale, ses effectifs se sont accrus d’une manière satisfaisante (environ 6 000 individus et peut-être bien plus, à l’heure actuelle).
. Notons qu’elles sont maintenant entièrement protégées par les conventions baleinières qui en interdisent la capture.
. Un navire russe aurait aperçu en 1962, au large de la côte sibérienne, au nord du Kamtchatka, quelques animaux marins de grande taille qui pourraient être des
Rhytines. Cette redécouverte n’a pas été confirmée.
. Il est certain que l’introduction de maladies transmises par les animaux étrangers aux formes autochtones, a également joué un rôle dans l’extinction de ces
dernières. Des cas similaires sont connus chez les humains.
. On ne peut pas entièrement passer sous silence l’action pernicieuse des collectionneurs que la passion pousse à s’emparer de tous les échantillons d’une espèce
rare, souvent étroitement localisée, aux populations numériquement peu importantes. On a signalé des lépidoptéristes ayant capturé en une seule saison 12 000
Zygènes appartenant à une forme rare. Dans les Alpes françaises, les Papillons Papilio alexanor, Parnassius apollo et mnemosyne, divers Thaïs, Satyrides,
Nymphalides et le fameux Attacide Graellsia isabellae, joyau des Lépidoptères français propre au Queyras, sont collectés sans frein, non seulement pour être
vendus à bon prix à des collectionneurs, mais aussi en vue d’exploitations plus vénales : enrobés dans du plastique, ils servent à la confection de cendriers, de
presse-papier et de porte-clefs. Des Carabes très localisés donnent lieu à des chasses si intensives que leurs populations diminuent à chaque saison. Les Insectes
propres aux grottes (troglobies) sont également pourchassés en raison de leur grande valeur marchande.
Il en va de même des plantes rares, littéralement mises au pillage par des collecteurs mercantis pour satisfaire les demandes d’horticulteurs ou de collectionneurs
d’herbiers. De nombreuses stations de superficie très limitée ont été ainsi détruites (les sociétés d’échanges, qui exigent des « centuries », soit 100 exemplaires de la
même espèce, ont largement diffusé le goût de la destruction parmi leurs adhérents). La flore méditerranéenne, riche en endémiques et déjà si menacée par les
lotissements, l’urbanisation et la transformation des habitats naturels, est particulièrement menacée. Il en est de même de la flore alpine, que se disputent récolteurs
de bulbes et de rhizomes, collectionneurs d’herbiers et touristes du dimanche. Dans les Alpes françaises, Chardons bleus (Eryngium alpinum), Lis martagon (Lilium
martagon), Edelweiss (Leontopodium alpinum), Sabots de Vénus (Cypripedium calceolus), Orchidées et Gentianes font notamment les frais de ces opérations
destructrices (P. Vayssière, C. R. Acad. Agri. France, 52, 1966 : 528-535). Les Orchidées ont été collectées en grand nombre dans toutes les régions chaudes du
globe, particulièrement au Brésil ; cela a raréfié beaucoup d’espèces, fait d’autant plus grave que leur habitat se trouvait détruit par la déforestation (par exemple
Laelia purpurata, du Brésil oriental).
Ce véritable vandalisme auquel se livrent des « naturalistes » sans scrupules, en tout cas emportés par leur passion, s’il ne doit pas être dramatisé, n’en a pas moins
de graves répercussions, entraînant la disparition d’endémiques à distribution très limitée.
Ces collectes abusives ont d’ailleurs provoqué dans certains cas des mesures législatives. Beaucoup de plantes alpines sont protégées en Suisse. Certains Insectes le
sont en Suède (entre autres le Grand Capricorne Cerambyx cerdo) et en Allemagne (entre autres le papillon Apollon Parnassius apollo, fig. 27) (A. Villiers, in litt.).
. Il convient en particulier de rappeler ici l’œuvre de George P. Marsh, dont l’ouvrage Man and Nature ; or Physical Geography as Modified by Human Action,
publié en 1864 à Londres, constitue encore aujourd’hui un classique quant à l’influence de l’homme sur le monde et sur l’harmonie qui doit exister entre lui et son
habitat naturel. La pensée de Marsh, un véritable pionnier à son époque, est sans contredit en avance d’un siècle et s’applique parfaitement dans ses grandes lignes à
la situation actuelle prévue par cet auteur génial avec une clairvoyance digne de tous les éloges. Tous les concepts qui doivent présider à la conservation de la nature
dans le monde moderne sont exposés dans cet ouvrage fondamental.
. Une codification de cette nomenclature a enfin été mise au point, permettant d’uniformiser l’emploi de termes dont l’acception varie malgré tout encore selon les
auteurs. Nous avons quelque peu interprété les définitions pour les besoins de cet ouvrage.
. La Liste des Nations unies des parcs nationaux et réserves analogues comprend 1 111 aires protégées dans 99 pays, totalisant 1 607 000 km 2 , soit 1,1 % des terres
émergées. Un tiers d’entre elles ont été établies depuis 1950.
. D’autres parcs très importants sont aménagés en Argentine, sur une surface totale de 2 649 912 ha ; l’un d’entre eux complète le parc brésilien de l’Iguazu.
. À l’exception des Marismas du Guadalquivir, en Espagne, où un parc national et une station biologique ont été aménagés en 1963 (Coto Donana).
. Rappelons que le jour de la Saint-Laurent (10 août) de 1548, les habitants du canton de Glaris déclarèrent « district franc » le massif du Kärpf, près de Schwanden.
Cette zone a conservé son statut de réserve depuis plus de 400 ans, record de conservation digne d’éloges.
. Le maintien en captivité a également permis de sauver plusieurs espèces de grands mammifères en Afrique du Sud, en particulier le Zèbre de montagne Equus
zebra, dont ne survivent que moins de 200 individus ; et le Bontebok Damaliscus dorcas (environ 1 000 individus en 1969). Des réintroductions ont lieu dans
diverses réserves.
. Il existe 11 réserves naturelles intégrales d’une superficie globale de 500 000 ha, 18 réserves spéciales, et 2 parcs nationaux (Montagne d’Ambre et Isalo).
. En 1966, il n’en restait que 25 dans cette réserve, peut-être une quinzaine à l’extérieur.
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