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protégée. Cela grâce au remarquable mouvement suscité à son origine par
quelques pionniers animés d’une foi digne des plus grands éloges.
. Il faut cependant reconnaître que cette différence est fondamentale, car elle concerne notamment la rapidité des transformations dues à l’homme, facteur de la plus
haute importance, car il détermine la brutalité de l’impact humain dans la nature.
. Certains préhistoriens pensent que l’homme n’est pas étranger à la disparition de quelques grands mammifères, et notamment de l’Ours des cavernes Ursus
spelaeus, que ses habitudes grégaires rendaient particulièrement vulnérable.
. On a la preuve que des incendies, allumés volontairement ou non, ont ravagé sur de grandes superficies les plaines du nord de l’Allemagne et de la Belgique au
Paléolithique (oscillation allérodienne), comme l’atteste l’existence de couches de cendre, de débris carbonisés et même de troncs brûlés. Certains auteurs ne sont
pas loin de penser que la disparition soudaine des Conifères et des Bouleaux qui marque le début du Dryas récent est due en partie aux activités de l’homme qui,
grâce au feu, aurait pu dès le Paléolithique modifier dans une large mesure les équilibres naturels à travers de vastes régions (Narr, 1956).
. C’est notamment le cas des forêts tropicales hygrophiles, où le pastoralisme est récent, ayant été importé de régions plus septentrionales, quand l’homme eut
modifié les habitats (la forêt, où le tapis graminéen est rare, est écologiquement défavorable aux herbivores domestiques). L’homme y a passé directement du stade
de la cueillette à celui de l’économie agricole.
. En dépit d’un rendement très bas, ne dépassant souvent pas 10 %, par rapport à la productivité primaire, végétale, du milieu.
. C’est par exemple ce que l’on observe encore de nos jours chez les Masaï d’Afrique orientale.
Il faudrait également insister sur les liens mystiques qui existent entre les pasteurs et leur bétail, et cela depuis les temps les plus reculés. Cet aspect, à première vue
purement spirituel, a en fait une énorme importance en ce qui concerne la multiplication des troupeaux dont les effectifs échappent dès lors à toute loi écologique et
ne sont plus en rapport avec les besoins alimentaires des humains. L’exemple classique se trouve dans l’Inde, où, principalement dans les plaines indo-gangétiques,
les Vaches sont considérées comme sacrées. Cette tradition religieuse remonte aux temps les plus reculés, quand des peuples de pasteurs depuis longtemps disparus
l’érigèrent en loi. D’après le Mânava Dharma Çâstra ou Code de Manou (attribué par tradition au premier Manou et remontant en fait à une époque comprise entre
le II e siècle avant J.-C. et le II e siècle de l’ère chrétienne), il est plus grave de tuer une Vache qu’un brahmane. L’importance de telles croyances dans le surpâturage
se passe de commentaires.
. On consultera avec profit la magistrale synthèse que Th. Monod (1959) a consacrée à ce thème.
. Contrairement à l’opinion de certains, et en particulier celle d’Ellsworth Huntington, il ne semble pas que le climat ait changé dans la région méditerranéenne au
cours de l’époque historique, en dehors de fluctuations d’amplitude minime.
. « The struggle between the desert and the sown », Proc. Int. Symp. Desert Res., Jérusalem, 1952 (1953) : 378-389.
. Le passage de l’économie pastorale à l’économie agricole revêtit d’ailleurs des formes très diverses et ne peut être schématisé d’une manière simpliste. Pas plus
d’ailleurs que les conflits nombreux qui opposèrent dès le début les hommes s’adonnant à l’une ou à l’autre de ces deux activités (l’histoire d’Abel et de Caïn,
relatée par la Genèse (4. 1-16) traduit, indépendamment de toute autre signification, la disparition du berger devant le laboureur). La nature pâtit gravement de ces
dissensions, comme les événements dont est émaillée l’histoire du Proche-Orient jusqu’en des temps très récents permettent de le vérifier, en particulier pendant les
invasions des nomades venus d’Asie centrale en vagues successives.
. « Salomon fit dire à Hiram [roi de Tyr] : […] ordonne maintenant que l’on coupe pour moi des cèdres du Liban […]. Lorsqu’il entendit les paroles de Salomon,
Hiram eut une grande joie et il dit : […] Je ferai tout ce qui te plaira au sujet des bois de cèdre et des bois de cyprès » (1 Rois 5). Ces deux souverains ne se doutaient
pas qu’ils ruinaient leurs royaumes.
. D’après Aubréville, la totalité de l’Afrique était initialement couverte de forêts denses, de type humide sous climat pluvieux, de type demi-sec ou sec ailleurs ; la
savane boisée n’existait alors que dans les zones prédésertiques et occupait une surface très limitée.
. Voir notamment C. W. Cooke, Journ. Wash. Acad. Sci., 21, n o 13, 1931 : 283-7. Il semble cependant prouvé que d’autres facteurs, purement sociologiques et
politiques, aient joué un rôle déterminant dans ce déclin.
. On consultera notamment les ouvrages fondamentaux d’Allen (1942), de Harper (1945) et de Greenway (1958).
. Pour les oiseaux, on peut estimer qu’une dizaine de formes (espèces et sous-espèces) se sont éteintes avant 1700 ; une vingtaine au XVIII e siècle ; autant de 1800 à
1850 ; une cinquantaine de 1851 à 1900 et autant depuis 1901. On remarquera l’accélération du phénomène, une forme avienne en moyenne disparaissant chaque
année depuis un siècle.
. La destruction de la sylve méditerranéenne a également entraîné la raréfaction avancée de plusieurs essences, parmi lesquelles des Conifères comme Abies
nebrodensis en Sicile et Abies pinsapo dans le sud de l’Espagne (provinces de Malaga et de Cadix).
. L’extension des anciennes forêts se retrouve dans la toponymie à travers toute l’Europe ; les suffixes que l’on retrouve dans les noms de localités souvent éloignées
de tout massif boisé à l’heure actuelle : -ham et -cote en anglais ; -wald et -holz en allemand ; -drewa en langue slave, rappellent les forêts où elles furent fondées.
Tandis que les éléments -sart en anglais et en français ; -rode, -schwend et -han en allemand ; et -trebynja en slave désignent les défrichements qui y furent opérés.
La toponymie française a également conservé beaucoup de souvenirs des anciennes forêts tels que les vocables de « bois… », de « bosc » ou ceux rappelant une
essence d’arbre (voir notamment G. Plaisance, Bull. Philol. Hist. Com. Trav. Hist. Sci. Min. Educ. Nat., Paris, 1959 (1960) : 39-55 ; et Rev. Géogr. Est, 1962 : 221232).
. Le pâturage est également responsable du déboisement, en raison de l’habitude de mener le bétail en forêt pendant la saison chaude. Le bœuf, le mouton et le porc
dévastaient ainsi progressivement les associations fermées en se spécialisant chacun dans une strate végétale.
. On ne peut s’empêcher de se souvenir de la pensée de Chateaubriand : « Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent. »
. Du temps de Charlemagne, les 2/5 de la France étaient cultivés à la suite d’un défrichement intense.
. Quelques chasseurs ont commis de véritables massacres, tel le prince Auguste de Saxe-Cobourg qui tua dans sa vie 3 412 chamois, la plupart en haute Styrie. Le
fameux chasseur suisse G. M. Colani en abattit 2 700 tout en exerçant une véritable tyrannie cynégétique en Engadine.
. Pas moins de 1 300 Loups ont été tués en 1883 dans tout le territoire, surtout par appâts empoisonnés.
. Il est fait allusion au Grand Pingouin dans le paragraphe relatif à l’Amérique du Nord.
. C’est à cette époque que s’illustra le célèbre W. F. Cody, dit « Buffalo Bill », engagé pour ravitailler les ouvriers d’un chantier de construction de voie ferrée ; en 18
mois, il tua 4 280 Bisons.
. Comme l’a montré Greenway (1958), le nombre d’espèces disparues ou en voie d’extinction est proportionnel à la déforestation. À Hispaniola, où subsistent
encore 2,3 ha de forêt par habitant, aucun oiseau n’est éteint ; en revanche dans les Petites Antilles, qui ne comptent plus que ½ ha de forêt par habitant, de 2 à 4
espèces aviennes ont disparu dans chacune d’entre elles.
. Rappelons par ailleurs le statut précaire du Pétrel cahow Pterodroma cahow qui ne niche qu’aux Bermudes. Considéré comme éteint (chasse par l’homme,
introduction de Rats et de Porcs), il fut redécouvert après la dernière guerre. Ses populations ne dépassent cependant pas une centaine d’individus et sont menacées.
. On chassait les Saïgas en rabattant leurs troupeaux dans de vastes enclos s’ouvrant par un « entonnoir » atteignant 5 km d’ouverture. L’intérieur de ce corral était
hérissé de pointes sur lesquelles s’empalaient les malheureux animaux affolés par les chasseurs à cheval qui achevaient les survivants. Jusqu’à 12 000 Saïgas étaient
journellement tuées par cette méthode cruelle.
. Grâce aux mesures prises depuis, l’espèce est maintenant florissante. Voir p. 418.
. Chez Dinornis maximus, le plus grand de tous les Moas, le fémur pouvait atteindre 47 cm, le tibia 99 cm et le métatarse 51 cm.
. Sans compter le Kagou Rhinochetos jubatus, endémique de Nouvelle-Calédonie, devenu très rare et menacé par les prédateurs introduits (surtout Chiens errants) et
par une chasse sans aucune justification.
. Suivant une étude très récemment parue (Warner, Condor 70, 1968 : 101-120), il semble que les Drépanididés aient été aussi victimes de maladies aviaires
transmises par des Moustiques introduits (Culex pipiens). D’une manière symptomatique, ces oiseaux ne se sont maintenus que dans les zones élevées, au-dessus de
600 m, non peuplées par les Moustiques acclimatés. Des essais ont montré que des individus prélevés en altitude et maintenus en région basse ont péri en peu de
temps, victimes des maladies. Cet exemple que l’on peut comparer à celui de l’Anophèle de Gambie au Brésil (voir p. 327) montre combien l’introduction d’un
vecteur et de germes pathogènes peut être dangereuse du fait que les animaux autochtones n’ont aucune résistance immunologique.
. Notons que certains Drépanididés ont donné lieu à d’heureuses surprises, car plusieurs espèces considérées comme éteintes ont été redécouvertes dans les temps
récents. Pas moins de 4 espèces (Palmeria dolei, Pseudonestor xanthophrys, qui n’avaient pas été rencontrées depuis 1890, Psittirostra psittacea, Ps. bailleui) ont
été retrouvées entre 1940 et 1950 et d’autres survivent sans doute (Richards et Baldwin, Condor, 55, 1953 : 221-2). Par ailleurs tous les oiseaux sylvicoles connus de
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protégée. Cela grâce au remarquable mouvement suscité à son origine par
quelques pionniers animés d’une foi digne des plus grands éloges.
. Il faut cependant reconnaître que cette différence est fondamentale, car elle concerne notamment la rapidité des transformations dues à l’homme, facteur de la plus
haute importance, car il détermine la brutalité de l’impact humain dans la nature.
. Certains préhistoriens pensent que l’homme n’est pas étranger à la disparition de quelques grands mammifères, et notamment de l’Ours des cavernes Ursus
spelaeus, que ses habitudes grégaires rendaient particulièrement vulnérable.
. On a la preuve que des incendies, allumés volontairement ou non, ont ravagé sur de grandes superficies les plaines du nord de l’Allemagne et de la Belgique au
Paléolithique (oscillation allérodienne), comme l’atteste l’existence de couches de cendre, de débris carbonisés et même de troncs brûlés. Certains auteurs ne sont
pas loin de penser que la disparition soudaine des Conifères et des Bouleaux qui marque le début du Dryas récent est due en partie aux activités de l’homme qui,
grâce au feu, aurait pu dès le Paléolithique modifier dans une large mesure les équilibres naturels à travers de vastes régions (Narr, 1956).
. C’est notamment le cas des forêts tropicales hygrophiles, où le pastoralisme est récent, ayant été importé de régions plus septentrionales, quand l’homme eut
modifié les habitats (la forêt, où le tapis graminéen est rare, est écologiquement défavorable aux herbivores domestiques). L’homme y a passé directement du stade
de la cueillette à celui de l’économie agricole.
. En dépit d’un rendement très bas, ne dépassant souvent pas 10 %, par rapport à la productivité primaire, végétale, du milieu.
. C’est par exemple ce que l’on observe encore de nos jours chez les Masaï d’Afrique orientale.
Il faudrait également insister sur les liens mystiques qui existent entre les pasteurs et leur bétail, et cela depuis les temps les plus reculés. Cet aspect, à première vue
purement spirituel, a en fait une énorme importance en ce qui concerne la multiplication des troupeaux dont les effectifs échappent dès lors à toute loi écologique et
ne sont plus en rapport avec les besoins alimentaires des humains. L’exemple classique se trouve dans l’Inde, où, principalement dans les plaines indo-gangétiques,
les Vaches sont considérées comme sacrées. Cette tradition religieuse remonte aux temps les plus reculés, quand des peuples de pasteurs depuis longtemps disparus
l’érigèrent en loi. D’après le Mânava Dharma Çâstra ou Code de Manou (attribué par tradition au premier Manou et remontant en fait à une époque comprise entre
le II e siècle avant J.-C. et le II e siècle de l’ère chrétienne), il est plus grave de tuer une Vache qu’un brahmane. L’importance de telles croyances dans le surpâturage
se passe de commentaires.
. On consultera avec profit la magistrale synthèse que Th. Monod (1959) a consacrée à ce thème.
. Contrairement à l’opinion de certains, et en particulier celle d’Ellsworth Huntington, il ne semble pas que le climat ait changé dans la région méditerranéenne au
cours de l’époque historique, en dehors de fluctuations d’amplitude minime.
. « The struggle between the desert and the sown », Proc. Int. Symp. Desert Res., Jérusalem, 1952 (1953) : 378-389.
. Le passage de l’économie pastorale à l’économie agricole revêtit d’ailleurs des formes très diverses et ne peut être schématisé d’une manière simpliste. Pas plus
d’ailleurs que les conflits nombreux qui opposèrent dès le début les hommes s’adonnant à l’une ou à l’autre de ces deux activités (l’histoire d’Abel et de Caïn,
relatée par la Genèse (4. 1-16) traduit, indépendamment de toute autre signification, la disparition du berger devant le laboureur). La nature pâtit gravement de ces
dissensions, comme les événements dont est émaillée l’histoire du Proche-Orient jusqu’en des temps très récents permettent de le vérifier, en particulier pendant les
invasions des nomades venus d’Asie centrale en vagues successives.
. « Salomon fit dire à Hiram [roi de Tyr] : […] ordonne maintenant que l’on coupe pour moi des cèdres du Liban […]. Lorsqu’il entendit les paroles de Salomon,
Hiram eut une grande joie et il dit : […] Je ferai tout ce qui te plaira au sujet des bois de cèdre et des bois de cyprès » (1 Rois 5). Ces deux souverains ne se doutaient
pas qu’ils ruinaient leurs royaumes.
. D’après Aubréville, la totalité de l’Afrique était initialement couverte de forêts denses, de type humide sous climat pluvieux, de type demi-sec ou sec ailleurs ; la
savane boisée n’existait alors que dans les zones prédésertiques et occupait une surface très limitée.
. Voir notamment C. W. Cooke, Journ. Wash. Acad. Sci., 21, n o 13, 1931 : 283-7. Il semble cependant prouvé que d’autres facteurs, purement sociologiques et
politiques, aient joué un rôle déterminant dans ce déclin.
. On consultera notamment les ouvrages fondamentaux d’Allen (1942), de Harper (1945) et de Greenway (1958).
. Pour les oiseaux, on peut estimer qu’une dizaine de formes (espèces et sous-espèces) se sont éteintes avant 1700 ; une vingtaine au XVIII e siècle ; autant de 1800 à
1850 ; une cinquantaine de 1851 à 1900 et autant depuis 1901. On remarquera l’accélération du phénomène, une forme avienne en moyenne disparaissant chaque
année depuis un siècle.
. La destruction de la sylve méditerranéenne a également entraîné la raréfaction avancée de plusieurs essences, parmi lesquelles des Conifères comme Abies
nebrodensis en Sicile et Abies pinsapo dans le sud de l’Espagne (provinces de Malaga et de Cadix).
. L’extension des anciennes forêts se retrouve dans la toponymie à travers toute l’Europe ; les suffixes que l’on retrouve dans les noms de localités souvent éloignées
de tout massif boisé à l’heure actuelle : -ham et -cote en anglais ; -wald et -holz en allemand ; -drewa en langue slave, rappellent les forêts où elles furent fondées.
Tandis que les éléments -sart en anglais et en français ; -rode, -schwend et -han en allemand ; et -trebynja en slave désignent les défrichements qui y furent opérés.
La toponymie française a également conservé beaucoup de souvenirs des anciennes forêts tels que les vocables de « bois… », de « bosc » ou ceux rappelant une
essence d’arbre (voir notamment G. Plaisance, Bull. Philol. Hist. Com. Trav. Hist. Sci. Min. Educ. Nat., Paris, 1959 (1960) : 39-55 ; et Rev. Géogr. Est, 1962 : 221232).
. Le pâturage est également responsable du déboisement, en raison de l’habitude de mener le bétail en forêt pendant la saison chaude. Le bœuf, le mouton et le porc
dévastaient ainsi progressivement les associations fermées en se spécialisant chacun dans une strate végétale.
. On ne peut s’empêcher de se souvenir de la pensée de Chateaubriand : « Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent. »
. Du temps de Charlemagne, les 2/5 de la France étaient cultivés à la suite d’un défrichement intense.
. Quelques chasseurs ont commis de véritables massacres, tel le prince Auguste de Saxe-Cobourg qui tua dans sa vie 3 412 chamois, la plupart en haute Styrie. Le
fameux chasseur suisse G. M. Colani en abattit 2 700 tout en exerçant une véritable tyrannie cynégétique en Engadine.
. Pas moins de 1 300 Loups ont été tués en 1883 dans tout le territoire, surtout par appâts empoisonnés.
. Il est fait allusion au Grand Pingouin dans le paragraphe relatif à l’Amérique du Nord.
. C’est à cette époque que s’illustra le célèbre W. F. Cody, dit « Buffalo Bill », engagé pour ravitailler les ouvriers d’un chantier de construction de voie ferrée ; en 18
mois, il tua 4 280 Bisons.
. Comme l’a montré Greenway (1958), le nombre d’espèces disparues ou en voie d’extinction est proportionnel à la déforestation. À Hispaniola, où subsistent
encore 2,3 ha de forêt par habitant, aucun oiseau n’est éteint ; en revanche dans les Petites Antilles, qui ne comptent plus que ½ ha de forêt par habitant, de 2 à 4
espèces aviennes ont disparu dans chacune d’entre elles.
. Rappelons par ailleurs le statut précaire du Pétrel cahow Pterodroma cahow qui ne niche qu’aux Bermudes. Considéré comme éteint (chasse par l’homme,
introduction de Rats et de Porcs), il fut redécouvert après la dernière guerre. Ses populations ne dépassent cependant pas une centaine d’individus et sont menacées.
. On chassait les Saïgas en rabattant leurs troupeaux dans de vastes enclos s’ouvrant par un « entonnoir » atteignant 5 km d’ouverture. L’intérieur de ce corral était
hérissé de pointes sur lesquelles s’empalaient les malheureux animaux affolés par les chasseurs à cheval qui achevaient les survivants. Jusqu’à 12 000 Saïgas étaient
journellement tuées par cette méthode cruelle.
. Grâce aux mesures prises depuis, l’espèce est maintenant florissante. Voir p. 418.
. Chez Dinornis maximus, le plus grand de tous les Moas, le fémur pouvait atteindre 47 cm, le tibia 99 cm et le métatarse 51 cm.
. Sans compter le Kagou Rhinochetos jubatus, endémique de Nouvelle-Calédonie, devenu très rare et menacé par les prédateurs introduits (surtout Chiens errants) et
par une chasse sans aucune justification.
. Suivant une étude très récemment parue (Warner, Condor 70, 1968 : 101-120), il semble que les Drépanididés aient été aussi victimes de maladies aviaires
transmises par des Moustiques introduits (Culex pipiens). D’une manière symptomatique, ces oiseaux ne se sont maintenus que dans les zones élevées, au-dessus de
600 m, non peuplées par les Moustiques acclimatés. Des essais ont montré que des individus prélevés en altitude et maintenus en région basse ont péri en peu de
temps, victimes des maladies. Cet exemple que l’on peut comparer à celui de l’Anophèle de Gambie au Brésil (voir p. 327) montre combien l’introduction d’un
vecteur et de germes pathogènes peut être dangereuse du fait que les animaux autochtones n’ont aucune résistance immunologique.
. Notons que certains Drépanididés ont donné lieu à d’heureuses surprises, car plusieurs espèces considérées comme éteintes ont été redécouvertes dans les temps
récents. Pas moins de 4 espèces (Palmeria dolei, Pseudonestor xanthophrys, qui n’avaient pas été rencontrées depuis 1890, Psittirostra psittacea, Ps. bailleui) ont
été retrouvées entre 1940 et 1950 et d’autres survivent sans doute (Richards et Baldwin, Condor, 55, 1953 : 221-2). Par ailleurs tous les oiseaux sylvicoles connus de
