et de la faune sauvages, hormis quelques espèces particulièrement
résistantes, devenues commensales ou même parasites de l’humanité.
C’est alors que quelques hommes clairvoyants prirent conscience de la
gravité de la situation
44
. Sous l’influence d’une poignée de naturalistes et
d’hommes de bien résolus et animés d’une foi inébranlable se dessina une
puissante réaction dont les conséquences se font encore sentir. C’est à eux
que l’on doit la survie de la nature sauvage jusqu’à ce jour sur une fraction
du globe.
L’historique du concept de protection de la nature révélerait sans doute
que cette idée est fort ancienne et remonte à l’Antiquité. Les auteurs
classiques déjà ont attiré l’attention sur les ravages commis dans la région
méditerranéenne ; ils rapportent que des lieux, à leur époque encombrés de
pierrailles stériles et tout juste capables de nourrir quelques maigres
Chèvres, étaient auparavant couverts de forêts au milieu desquelles
jaillissaient des sources désormais taries.
Cette prise de conscience s’amplifia durant le Moyen Âge. De
nombreux textes législatifs furent promulgués par les princes pour la
protection de la grande faune d’Europe et pour le maintien de forêts ailleurs
livrées à un abattage généralisé. La plupart de ces mesures avaient certes
pour but principal la monopolisation du gibier et la préservation des terrains
de chasse au seul profit des grands de l’époque. Placées dans leur contexte
social elles ont néanmoins protégé la faune d’une manière relativement
efficace, en ralentissant le processus de dégradation de la nature.
Nous citerons en exemple les mesures prises par les rois et les princes
de Pologne pour la préservation de l’Aurochs, jusque-là abondant en
Europe orientale. Vers la fin du XIII e siècle, le duc Boleslaus de Mazovie
en avait interdit la chasse dans ses domaines, et un siècle plus tard le roi
Jagellon prit des mesures plus générales encore. Au XVI e siècle, le roi
Sigismond III, conscient des graves menaces qui pesaient sur ce Bovin,
dont seuls quelques individus étaient encore en vie, mit en réserve totale les
territoires des quelques survivants, sans réussir malheureusement à les
préserver. Le Bison fut l’objet de prescriptions analogues, aussi bien en
Pologne qu’en Russie. Certaines lois promulguées par les princes d’Europe
occidentale peuvent elles aussi être considérées comme visant à la
résistantes, devenues commensales ou même parasites de l’humanité.
C’est alors que quelques hommes clairvoyants prirent conscience de la
gravité de la situation
44
. Sous l’influence d’une poignée de naturalistes et
d’hommes de bien résolus et animés d’une foi inébranlable se dessina une
puissante réaction dont les conséquences se font encore sentir. C’est à eux
que l’on doit la survie de la nature sauvage jusqu’à ce jour sur une fraction
du globe.
L’historique du concept de protection de la nature révélerait sans doute
que cette idée est fort ancienne et remonte à l’Antiquité. Les auteurs
classiques déjà ont attiré l’attention sur les ravages commis dans la région
méditerranéenne ; ils rapportent que des lieux, à leur époque encombrés de
pierrailles stériles et tout juste capables de nourrir quelques maigres
Chèvres, étaient auparavant couverts de forêts au milieu desquelles
jaillissaient des sources désormais taries.
Cette prise de conscience s’amplifia durant le Moyen Âge. De
nombreux textes législatifs furent promulgués par les princes pour la
protection de la grande faune d’Europe et pour le maintien de forêts ailleurs
livrées à un abattage généralisé. La plupart de ces mesures avaient certes
pour but principal la monopolisation du gibier et la préservation des terrains
de chasse au seul profit des grands de l’époque. Placées dans leur contexte
social elles ont néanmoins protégé la faune d’une manière relativement
efficace, en ralentissant le processus de dégradation de la nature.
Nous citerons en exemple les mesures prises par les rois et les princes
de Pologne pour la préservation de l’Aurochs, jusque-là abondant en
Europe orientale. Vers la fin du XIII e siècle, le duc Boleslaus de Mazovie
en avait interdit la chasse dans ses domaines, et un siècle plus tard le roi
Jagellon prit des mesures plus générales encore. Au XVI e siècle, le roi
Sigismond III, conscient des graves menaces qui pesaient sur ce Bovin,
dont seuls quelques individus étaient encore en vie, mit en réserve totale les
territoires des quelques survivants, sans réussir malheureusement à les
préserver. Le Bison fut l’objet de prescriptions analogues, aussi bien en
Pologne qu’en Russie. Certaines lois promulguées par les princes d’Europe
occidentale peuvent elles aussi être considérées comme visant à la
