dans les écosystèmes insulaires, moins riches et beaucoup plus fragiles que
ceux des grandes masses continentales
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Les effets conjugués de ces divers facteurs ont littéralement ravagé le
monde entier. Les plantes et les animaux hautement spécialisés, dont on ne
sait dire s’ils sont surévolués ou dégénérés, ont le plus gravement souffert.
Les îles en hébergeaient un grand nombre, tous différenciés à l’abri des
courants évolutifs balayant les grandes masses continentales, à l’abri aussi
de prédateurs et de compétiteurs mieux armés. L’irruption des Blancs et de
leur civilisation se sera soldée par des catastrophes dans les régions
insulaires, même parfois dans des continents tout entiers, par exemple en
Afrique où la grande faune s’est révélée d’une fragilité extrême, en dépit
des apparences.
L’homme a donc agi comme l’apprenti sorcier, sans connaître ni même
pressentir les lois qui régissent l’équilibre du monde vivant. Il a cru pendant
longtemps, en tout cas au siècle dernier, que la Nature était inépuisable. Elle
a pu paraître telle aux Européens, quittant un continent déjà sérieusement
modifié par des siècles de civilisation, et arrivant dans des terres plus
vastes, peuplées d’une faune d’une richesse à première vue sans limites.
Au cours du XIX e siècle, l’époque du grand développement industriel,
l’homme s’est littéralement jeté à l’assaut du monde, poussé par un besoin
de matières premières de toutes sortes. On ne blâmera jamais assez la
coupable erreur des hommes des quelques générations qui nous ont
précédés ; dans la soif de profits immédiats ils ont privé le monde de ses
plus riches parures naturelles
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