introduits. L’un et l’autre sont devenus très rares et en grand danger
d’extinction à l’heure actuelle (fig. 20).
La disparition la plus spectaculaire parmi toute l’avifaune australienne
est cependant celle de l’Émeu noir Dromaius ater, propre à l’île King, dans
le détroit de Bass (Jouanin, 1959). Il semble que les responsables de la
disparition de cette espèce, qui ne nous est connue que par les dépouilles
rapportées en 1804 par l’expédition française du capitaine Baudin et par des
ossements subfossiles, soient les chasseurs de phoques établis dans l’île au
début du XIX e siècle. L’oiseau leur fournissait de la viande de boucherie et
ils avaient dressé des chiens à le chasser. Les Émeus Dromaeus novaehollandiae sont d’ailleurs en grand danger sur le continent australien luimême où on les accuse de ravager les cultures de blé. On les a détruits à la
mitrailleuse jusqu’en 1932 et encore aujourd’hui leur tête est mise à prix.
Ces grands oiseaux coureurs disparaîtront si une telle réglementation
continue à être appliquée.
8. Afrique
En Afrique, comme en Amérique du Nord, l’influence détestable de
l’homme prétendu civilisé s’est fait sentir sur la nature, et plus spécialement
sur la grande faune jusqu’alors à peu près en équilibre avec son milieu et
avec les populations autochtones.
Les destructions ont commencé dès l’Antiquité dans la partie la plus
septentrionale du continent, en Afrique du Nord et aux confins du grand
désert saharien. Elles se sont accentuées dans les temps plus récents. Les
derniers Éléphants que les Carthaginois chassaient en Libye ont disparu
depuis longtemps (à cause de la chasse et de la destruction de l’habitat de
cette population résiduelle).
Il en est de même de plusieurs grands Mammifères d’Afrique du Nord.
Le Lion Panthera leo leo encore chassé par les contemporains de Tartarin a
disparu progressivement dès le siècle dernier. Relativement abondant au
Nord-Ouest, de la Tunisie au Maroc, où jusqu’au XVI e siècle il atteignait
encore le littoral atlantique, il régressa peu à peu, se retirant des plaines
côtières pour ne se maintenir que dans les massifs montagneux de l’Atlas.
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