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4.1 • Structure et relations chronologiques cristallisation-déformation
microplissement localisé P3. La première surface, la stratification S0 est absente.
Elle est « transposée », c’est-à-dire oblitérée par la surface S1 contemporaine de la
première phase de déformation. La chronologie relative est simple : la première
schistosité (S1) est microplissée et recoupée par la deuxième schistosité (S2) qui est
parallèle au plan axial des microplis au cours de la P2. Cette S2 est, elle-même,
localement microplissée par la phase P3 qui ne génère pas de plan de schistosité.
Localisation de cette dernière déformation et absence de schistosité témoignent que
cette déformation est moins intense que les deux précédentes.
4.1.2 Relations chronologiques cristallisation-déformation
Sur la figure 4.1, nous avons fait une chronologie relative d’apparition des plans de
schistosité qui matérialisent les différents épisodes de déformation dans une roche.
De la même manière, il est possible de faire la chronologie d’apparition des minéraux
par rapport aux différents épisodes de déformation matérialisés par les plans de
schistosité. Plus généralement, on définit trois catégories de phases minérales selon
la chronologie de leur cristallisation par rapport au développement de la schistosité
principale : les phases minérales antécinématiques (ou antéschisteuses) correspondent
à un assemblage minéralogique antérieur au développement de la schistosité prise en
référence. Les phases syncinématiques (ou synschisteuses) se sont développées en
même temps que la schistosité ; les phases postcinématiques (ou postschisteuses) sont
postérieures à cette surface (figure 4.2, planches 1 et 2).
a) Les phases antécinématiques
Elles sont affectées par les déformations qui accompagnent le développement de la
foliation. Elles portent des dislocations plus ou moins marquées (extinctions ondulantes, développement de sous-grains et de bandes de pliage, torsions, plis, etc. ;
figure 4.2a). Elles ont généralement subi une recristallisation partielle, plus ou moins
accentuée suivant l’intensité de la déformation. Elles ont en outre permis la formation
de zones abritées qui n’ont pas subi l’aplatissement général de la roche ; ces zones
d’ombre de pression sont le siège de recristallisations synschisteuses non orientées.
Lorsqu’elles sont de relativement grande dimension, ces phases antéschisteuses
déformées sont appelées clastes ou porphyroclastes.
b) Les phases syncinématiques
Leur croissance est contrôlée par le développement de la foliation. Ces phases sont
donc généralement orientées parallèlement au plan de foliation (particulièrement
lorsqu’il s’agit de minéraux tabulaires ou en feuillets comme les micas) et parfois
parallèlement à la direction d’allongement, dessinant ainsi une linéation minérale.
Les minéraux synschisteux ne sont pas déformés par les plis synschisteux, mais
donnent au contraire l’impression de « recouper » les charnières. En effet, le plan de
schistosité qui « contient » ces minéraux est parallèle au plan axial des plis et
recoupe donc ces charnières. Les grenats ont un mode de croissance syncinématique
assez spectaculaire ; ils contiennent parfois des inclusions minérales (souvent du
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