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12.7 • Les reliques de HP dans le dôme Lépontin, Alpes centrales
nord et vers le sud. La carte des isogrades et des limites d’apparition des minéraux
montre une zonéographie caractéristique d’un gradient métamorphique de moyenne
pression-haute température (figure 12.8). Au nord, les conditions sont anchimétamorphiques. Au sud, elles atteignent les conditions de stabilité de l’association sillimanite + feldspath potassique, c’est-à-dire au-delà des conditions de stabilité de
l’assemblage muscovite + quartz. Les migmatites sont abondantes. Encore plus au sud,
la ligne insubrienne tronque brutalement le dôme Lépontin. Au sud de cette ligne, le
domaine sud-alpin est peu métamorphique.
La carte de la figure 12.8 montre les isogrades ou limites d’apparition de quelques
minéraux alumineux caractéristiques : stilpnomélane, chloritoïde, staurotide, disthène, et
sillimanite-fibrolite. La distinction est faite entre isograde et limite d’apparition d’un
minéral. La limite d’apparition d’un minéral ne correspond pas à une réaction spécifique, à l’inverse de l’isograde. Ainsi, l’apparition de la staurotide peut se faire à partir
de réactions de déstabilisation de la paragonite ; dans ce cas, la réaction indique un
trajet en décompression. La staurotide se forme parfois en remplacement du chloritoïde,
ce qui indique une augmentation de la température.
Les données géochronologiques montrent que le métamorphisme de moyenne
pression est diachrone à travers le dôme Lépontin, avec un intervalle de temps qui
peut atteindre 7 Ma. L’âge est de 28 Ma dans la partie sud, où le pic de température est
le plus élevé. Plus au nord, dans les parties centrales du dôme, le pic en température
est atteint dans un intervalle de temps qui varie de 26 à 21 Ma.
Les roches éclogitiques alpines (étoiles sur la carte de la planche 4) sont restreintes
aux unités de mélanges tectoniques du « chenal d’accrétion tectonique » (CAT), appelé
dans la littérature anglophone le TAC : « tectonique accretion channel ». Le CAT
s’est developpé le long de la limite de la plaque convergente, durant la subduction, la
collision et l’exhumation. Il est constitué de lames imbriquées dans lesquelles les
roches sont très variées et très déformées. Ces témoins éclogitiques ont été différemment rétromorphosées dans les conditions du faciès Amphibolite, en fonction de la
disponibilité des fluides et de la déformation. Cette rétromorphose est très similaire
à celle que nous décrirons dans la chaîne hercynienne, au chapitre suivant et illustrée
par la figure 13.6. Différentes roches préservent des conditions variées, en fonction
de leur état de rétromorphose ; certaines ont perdu totalement la mémoire de leur
épisode de HP. Dans la nappe d’Adula, un gradient métamorphique discontinu de HP
peut être tracé grâce aux reliques éclogitiques : il montre une augmentation des
conditions depuis le nord, avec P = 1-1,5 GPa à 500 °C, vers le sud avec P = 3,3 GPa
– 800-900 °C. Ces conditions maximales sont indiquées par des éclogites et des
lherzolites à grenat. À Alpe d’Arami, la pression maximale enregistrée par les
lherzolites à grenat dépasserait 5 GPa et pourrait atteindre 8 GPa à une température
de 1200 °C ; ces valeurs extrêmes ne sont pas enregistrées dans les éclogites voisines.
Ces péridotites pourraient avoir enregistré un cycle métamorphique à l’intérieur du
manteau, avant leur incorporation dans le CAT (cf. flèche dans le manteau apulien
de la figure 12.7). Ainsi, ces conditions d’UHP seraient sans rapport avec l’évolution
géodynamique, en subduction, du CAT.
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