258
Partie 2 • Méthodes spectrométriques
MX d’autant plus facilement par le libérateur R que le composé R−X sera plus stable.
R + M X −→ M + R X
Ainsi, lorsqu’on veut doser le calcium en présence d’ions phosphates ou dans des combinaisons réfractaires contenant de l’aluminium, on ajoute du chlorure de strontium ou de
lanthane. L’effet recherché est de libérer le calcium et d’augmenter la volatilité de la matrice
pour assurer son élimination plus efficacement au cours de l’étape de décomposition. Pour
le dosage du sodium ou du potassium il est courant d’ajouter un peu de solution de Schinkel
(CsCl/LaCl 3 ).
Pour les appareils à four graphite, on ajoute de l’acide éthylènediaminetétracétique
(EDTA) qui forme des complexes 1 :1 avec les ions bivalents, ou du nitrate d’ammonium
lorsqu’on est en présence d’une matrice contenant beaucoup de sodium (fig. 13 .16).
(HO 2 C-CH 2 ) 2 N-CH 2 CH 2
2
-N(CH 2 -CO 2 H)
acide EDTA
NaCl + NH 4 NO 3
NaNO 3 + NH 4 Cl
F = 307°C
F = 800°C
(se sublime)
O
N
N
O
O
O O
O
O
O
2H +
– –
Ni
Figure 13.16 Modification de matrice.
Le nitrate d’ammonium ou l’acide EDTA augmentent la volatilité de certains éléments.
Complexe volatil de type 1 :1 entre une molécule d’EDTA et un ion Ni ++ .
Enfin, l’utilisation de flammes très chaudes peut provoquer l’ionisation partielle de certains éléments, diminuant d’autant la concentration en atomes libres dans la flamme. On
corrige ce phénomène en ajoutant un suppresseur d’ionisation sous forme d’un cation dont
le potentiel d’ionisation est plus faible que celui de l’analyte, Un sel de potassium à 2 g/L
convient.
Cette variation de l’ionisation peut se faire plus ou moins spontanément quand la matrice
contient, par nature, un ou plusieurs éléments alcalins. Pour éviter de telles erreurs aléatoires,
on ajoute donc systématiquement aux solutions, un tampon d’ionisation à base de sel de
potassium ou de sodium, ou bien on constitue une gamme d’étalonnage avec un milieu
proche de celui dans lequel se trouve l’analyte.
13.9 SENSIBILITÉ ET LIMITE DE DÉTECTION EN SAA
La concentration la plus basse pouvant être quantifiée dans un échantillon dépend de beaucoup de facteurs. En spectrométrie la sensibilité est définie à partir d’un élément, comme
étant la concentration exprimée en mg/mL qui, en solution aqueuse, conduit à une diminution de la lumière transmise de 1 % ( A = 0,0044). Quand on le peut, on établit les courbes
d’étalonnages avec des concentrations de l’ordre de 20 à 200 fois cette limite.
La limite de détection correspond à la concentration de l’élément qui donne un signal dont
l’intensité est définie sur la base de trois fois l’écart-type d’une série de mesures faites pour
Précédent

- 277/481

Suivant