L’INVENTION DE LA CHROMATOGRAPHIE
On a coutume d’attribuer à Michel Tswett l’invention, peu après 1900, de la chromatographie actuelle. Au travers de ses publications successives, on peut en effet reconstituer
sa démarche intellectuelle qui en fait un pionnier, si ce n’est l’inventeur, de cette importante méthode séparative. Son domaine de recherche était lié à la biochimie des plantes. À
son époque on savait extraire avec de l’éthanol la chlorophylle et les autres pigments des
plantes vertes, souvent des feuilles. En évaporant ce solvant, il restait un extrait noirâtre
qui pouvait être redissous dans bon nombre d’autres solvants et en particulier dans l’éther
de pétrole (on dirait maintenant des solvants polaires ou non polaires). Cependant on ne
comprenait pas bien pourquoi ce dernier solvant était incapable d’extraire directement la
chlorophylle des plantes. Tswett émit l’hypothèse que dans les plantes la chlorophylle devait
être retenue par des forces qui la fixait sur la cellulose, empêchant ainsi l’éther de pétrole
de l’extraire. Il entrevoyait ici le principe de l’adsorption. Pour tester cette hypothèse il eut
l’idée de dissoudre l’extrait de pigments dans l’éther de pétrole et d’ajouter du papier filtre
(cellulose), comme succédané du tissu des feuilles. Il s’aperçut alors que le papier captait la
teinte et qu’en ajoutant de l’éthanol au mélange on pouvait ré-extraire ces mêmes pigments.
En prolongement de ce travail, il décida de faire des essais systématiques avec toutes sortes
de poudres dont il pouvait disposer. Pour gagner du temps, il avait réalisé un montage qui
lui permettait de faire plusieurs essais simultanément.
Il plaçait les poudres à tester dans les tubes et il ajoutait à chacun d’eux une solution
des pigments dans l’éther de pétrole. Cela lui permit d’observer que dans certains tubes
les poudres laissaient apparaître des anneaux superposés aux couleurs différentes, ce qui
témoignait que la force de rétention variait avec la nature des pigments présents. En rinçant les colonnes avec des solvants différents, il put recueillir séparément certains de ces
constituants. La chromatographie moderne était née. C’est un peu plus tard, en 1906, qu’il
rédigea la publication (parue dans Ber. Dtsch. Botan., Ges.), dans laquelle il écrivit le
paragraphe le plus souvent cité : « Comme les radiations lumineuses dans le spectre, les
différents composants d’un mélange de pigments, obéissant à une loi, se trouvent séparés
sur la colonne de carbonate de calcium et peuvent ensuite être déterminés qualitativement
et quantitativement. J’appelle une telle préparation un chromatogramme et la méthode correspondante la méthode chromatographique ».
On a coutume d’attribuer à Michel Tswett l’invention, peu après 1900, de la chromatographie actuelle. Au travers de ses publications successives, on peut en effet reconstituer
sa démarche intellectuelle qui en fait un pionnier, si ce n’est l’inventeur, de cette importante méthode séparative. Son domaine de recherche était lié à la biochimie des plantes. À
son époque on savait extraire avec de l’éthanol la chlorophylle et les autres pigments des
plantes vertes, souvent des feuilles. En évaporant ce solvant, il restait un extrait noirâtre
qui pouvait être redissous dans bon nombre d’autres solvants et en particulier dans l’éther
de pétrole (on dirait maintenant des solvants polaires ou non polaires). Cependant on ne
comprenait pas bien pourquoi ce dernier solvant était incapable d’extraire directement la
chlorophylle des plantes. Tswett émit l’hypothèse que dans les plantes la chlorophylle devait
être retenue par des forces qui la fixait sur la cellulose, empêchant ainsi l’éther de pétrole
de l’extraire. Il entrevoyait ici le principe de l’adsorption. Pour tester cette hypothèse il eut
l’idée de dissoudre l’extrait de pigments dans l’éther de pétrole et d’ajouter du papier filtre
(cellulose), comme succédané du tissu des feuilles. Il s’aperçut alors que le papier captait la
teinte et qu’en ajoutant de l’éthanol au mélange on pouvait ré-extraire ces mêmes pigments.
En prolongement de ce travail, il décida de faire des essais systématiques avec toutes sortes
de poudres dont il pouvait disposer. Pour gagner du temps, il avait réalisé un montage qui
lui permettait de faire plusieurs essais simultanément.
Il plaçait les poudres à tester dans les tubes et il ajoutait à chacun d’eux une solution
des pigments dans l’éther de pétrole. Cela lui permit d’observer que dans certains tubes
les poudres laissaient apparaître des anneaux superposés aux couleurs différentes, ce qui
témoignait que la force de rétention variait avec la nature des pigments présents. En rinçant les colonnes avec des solvants différents, il put recueillir séparément certains de ces
constituants. La chromatographie moderne était née. C’est un peu plus tard, en 1906, qu’il
rédigea la publication (parue dans Ber. Dtsch. Botan., Ges.), dans laquelle il écrivit le
paragraphe le plus souvent cité : « Comme les radiations lumineuses dans le spectre, les
différents composants d’un mélange de pigments, obéissant à une loi, se trouvent séparés
sur la colonne de carbonate de calcium et peuvent ensuite être déterminés qualitativement
et quantitativement. J’appelle une telle préparation un chromatogramme et la méthode correspondante la méthode chromatographique ».
