4.1 Paléoenvironnements et diversité biologique
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4.1 PALÉOENVIRONNEMENTS
ET DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
Les paysages changent lentement lorsqu’ils ne sont pas soumis à des
impacts importants des activités humaines. À l’échelle de la vie humaine
nous pouvons donc avoir l’impression que le monde qui nous entoure
est stable. Cette impression «d’équilibre de la Nature» conduit à
penser qu’il existe un état immuable, ou de référence, que seules les
activités humaines vont modifier à court terme. Un concept simpliste
de la conservation est ainsi de se référer à ce «Jardin de l’Éden», que
l’on va tenter de préserver des agressions, ou restaurer pour rétablir les
conditions originales (ou pristines). En réalité, on ignore ainsi un des
axiomes de base: la diversité biologique est en perpétuelle évolution, à
différentes échelles de temps et d’espace qui ne sont pas toujours
celles des hommes. Elle a une histoire, un présent et un futur que nous
devons connaître pour pouvoir prendre les mesures adéquates en matière
de conservation. L’histoire nous apprend que la diversité biologique est
le fruit du changement.
Le Quaternaire, qui débute il y a moins de 2 millions d’années, offre
une bonne illustration des processus impliqués dans la dynamique de la
diversité biologique. Il est marqué par l’existence de plusieurs périodes
de glaciations et de variations climatiques de grande amplitude. Lors
du dernier cycle glaciaire, on a pu reconstruire avec relativement de
précisions la dynamique temporelle des écosystèmes et de la diversité
biologique en fonction des changements climatiques. On a mis également en évidence que l’action de l’homme a pesé sur les milieux et les
espèces depuis longtemps, même si elle n’avait pas, bien évidemment,
l’ampleur observée actuellement. Pour être équitable, on ne s’est pas
posé la même question vis-à-vis des éléphants qui peuvent, eux aussi,
modifier profondément les écosystèmes lorsqu’ils prolifèrent!
4.1.1 Les systèmes terrestres nord européens
Il y a 80 000 ans, les trois quarts de la France étaient recouverts d’une
épaisse calotte glaciaire qui atteignait environ 1 000 m dans le bassin
parisien actuel. Vers – 30 000 ans la steppe froide fait place à une prairie
tempérée. Pour peu de temps, car au cours de la dernière période glaciaire
dont l’apogée se situe vers – 18 000 ans, une vaste calotte glaciaire
recouvre de nouveau l’Europe du Nord et un immense glacier occupe
les Alpes. Le niveau des mers est à – 120 m en dessous du niveau
actuel. Pour la France, la température moyenne est inférieure de 4,5 °C
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