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3 • Mécanismes de la diversification du monde vivant
répondre aux nouvelles contraintes ont un avantage adaptatif et sont
sélectionnés au cours des générations successives. La sélection affecte
essentiellement la fréquence des gènes: tout gène contrôlant des
adaptations qui renforcent les chances de succès de la reproduction sera
avantagé, et sa fréquence peut alors s’accroître au cours des générations.
Les gènes sélectionnés peuvent entraîner avec eux d’autres gènes sur
lesquels la sélection ne s’exerce pas, mais dont l’expression se trouve
indirectement favorisée. La théorie envisage ainsi des transformations
progressives en même temps que des sauts qualitatifs globaux si des
mutations, apparues inopinément, redistribuent le jeu des cartes de la
sélection et de ses conséquences. En d’autres termes les variations
dans la structure et le fonctionnement des écosystèmes sont à la fois la
cause et l’effet de la sélection naturelle. On peut parler à ce propos de
«boucle de la diversité biologique», avec la mutation et l’environnement biophysique comme sources de variabilité et la diversité biologique comme produit de l’adaptation et de la sélection qui interagit et
modifie à son tour l’environnement…
c) L’adaptation créative: des innovations écologiques
Dans quelles conditions une espèce envahit-elle une nouvelle niche écologique, un milieu différent auquel elle n’était pas adaptée? Et comment
apparaissent de nouvelles fonctions parmi les individus de cette espèce?
Ces questions sont fondamentales pour comprendre les mécanismes
de l’évolution dans un environnement en perpétuel changement.
Le processus évolutif connu sous le nom de radiation adaptative,
correspond à la colonisation de plusieurs niches écologiques d’un même
écosystème par des populations ou des espèces descendant d’un ancêtre
commun. On parle à ce propos de «foules d’espèces» ou «essaims
d’espèces» («species flocks») qui sont des groupes d’espèces endémiques très proches morphologiquement, issues d’une espèce ancestrale
dont les populations se sont progressivement différenciées en se
spécialisant dans l’utilisation des différentes ressources (nourriture,
habitat, aire de reproduction, etc.) offertes par le milieu. Il s’agirait en
quelque sorte d’une optimisation de l’utilisation des ressources disponibles qui se traduit simultanément par des changements dans le
fonctionnement général du système, avec une complexification des
cheminements des flux de matière et d’énergie.
Un exemple universellement connu de radiation adaptative est celui
des pinsons des îles Galapagos, étudiés par Darwin. Les treize espèces
identifiées seraient issues d’un ancêtre commun ayant atteint les
Galapagos il y a quelques millions d’années. Chacune des espèces s’est
3 • Mécanismes de la diversification du monde vivant
répondre aux nouvelles contraintes ont un avantage adaptatif et sont
sélectionnés au cours des générations successives. La sélection affecte
essentiellement la fréquence des gènes: tout gène contrôlant des
adaptations qui renforcent les chances de succès de la reproduction sera
avantagé, et sa fréquence peut alors s’accroître au cours des générations.
Les gènes sélectionnés peuvent entraîner avec eux d’autres gènes sur
lesquels la sélection ne s’exerce pas, mais dont l’expression se trouve
indirectement favorisée. La théorie envisage ainsi des transformations
progressives en même temps que des sauts qualitatifs globaux si des
mutations, apparues inopinément, redistribuent le jeu des cartes de la
sélection et de ses conséquences. En d’autres termes les variations
dans la structure et le fonctionnement des écosystèmes sont à la fois la
cause et l’effet de la sélection naturelle. On peut parler à ce propos de
«boucle de la diversité biologique», avec la mutation et l’environnement biophysique comme sources de variabilité et la diversité biologique comme produit de l’adaptation et de la sélection qui interagit et
modifie à son tour l’environnement…
c) L’adaptation créative: des innovations écologiques
Dans quelles conditions une espèce envahit-elle une nouvelle niche écologique, un milieu différent auquel elle n’était pas adaptée? Et comment
apparaissent de nouvelles fonctions parmi les individus de cette espèce?
Ces questions sont fondamentales pour comprendre les mécanismes
de l’évolution dans un environnement en perpétuel changement.
Le processus évolutif connu sous le nom de radiation adaptative,
correspond à la colonisation de plusieurs niches écologiques d’un même
écosystème par des populations ou des espèces descendant d’un ancêtre
commun. On parle à ce propos de «foules d’espèces» ou «essaims
d’espèces» («species flocks») qui sont des groupes d’espèces endémiques très proches morphologiquement, issues d’une espèce ancestrale
dont les populations se sont progressivement différenciées en se
spécialisant dans l’utilisation des différentes ressources (nourriture,
habitat, aire de reproduction, etc.) offertes par le milieu. Il s’agirait en
quelque sorte d’une optimisation de l’utilisation des ressources disponibles qui se traduit simultanément par des changements dans le
fonctionnement général du système, avec une complexification des
cheminements des flux de matière et d’énergie.
Un exemple universellement connu de radiation adaptative est celui
des pinsons des îles Galapagos, étudiés par Darwin. Les treize espèces
identifiées seraient issues d’un ancêtre commun ayant atteint les
Galapagos il y a quelques millions d’années. Chacune des espèces s’est
