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3 • Mécanismes de la diversification du monde vivant
échanges, l’isolement de bassins hydrographiques, etc. Ces populations évoluent indépendamment par mutation, sélection et dérive de
telle sorte qu’au bout d’un laps de temps plus ou moins long elles ne
peuvent plus se reproduire entre elles. Elles ont donné naissance à
de nouvelles espèces.
• Les scientifiques accumulent maintenant de nombreuses évidences
en faveur d’une spéciation dite sympatrique (spéciation en «un même
lieu», sans isolement géographique), c’est-à-dire que des formes
nouvelles sont capables de s’isoler sexuellement par mutation,
sélection et dérive, tout en coexistant dans un même écosystème. Il
semble en réalité que les divergences apparaissent entre populations
qui se spécialisent dans l’utilisation de certaines ressources et
qu’elles s’amplifient au point de donner naissance à de nouvelles
espèces. Il est ainsi vraisemblable que la radiation adaptative des
Cichlidés des lacs d’Afrique de l’est (voir ci-dessous) est le résultat
d’une spéciation sympatrique. Dans des petits lacs de cratère du
Cameroun, on a mis en évidence également que l’existence de plusieurs
espèces de poissons Cichlidés endémiques était le résultat d’une
spéciation sympatrique liée à la diversification des comportements
trophiques.
Les deux types de spéciation correspondent à l’occupation de
nouvelles niches auxquelles l’espèce n’était pas adaptée a priori. Mais
dans le cas de la spéciation allopatrique, les processus biologiques sont
gouvernés par des facteurs externes, agissant souvent à long terme, qui
créent de nouvelles opportunités et de nouveaux habitats. La spéciation
sympatrique correspond quant à elle à l’apparition de nouvelles fonctions ou l’utilisation différentielle de leur potentiel parmi certains
individus d’une même espèce partageant le même espace géographique.
Les mécanismes sous-jacents ne sont pas identiques: dans le premier
cas il y a co-évolution espèce-milieu selon un mécanisme d’essaierreur: apparition de nouveautés évolutives et sélection naturelle.
Dans le second cas, c’est dans la biologie de l’espèce elle-même que
l’on doit rechercher les moteurs de l’évolution (par exemple un contrôle
épigénétique).
3.2.3 Gradualisme et/ou équilibres ponctués
Selon la théorie du gradualisme, les espèces se transforment progressivement au cours du temps, d’une espèce mère à une espèce fille. Des
changements de faible ampleur, s’accumulant sur un grand laps de temps,
conduisent à la différenciation graduelle. Cette théorie très populaire
3 • Mécanismes de la diversification du monde vivant
échanges, l’isolement de bassins hydrographiques, etc. Ces populations évoluent indépendamment par mutation, sélection et dérive de
telle sorte qu’au bout d’un laps de temps plus ou moins long elles ne
peuvent plus se reproduire entre elles. Elles ont donné naissance à
de nouvelles espèces.
• Les scientifiques accumulent maintenant de nombreuses évidences
en faveur d’une spéciation dite sympatrique (spéciation en «un même
lieu», sans isolement géographique), c’est-à-dire que des formes
nouvelles sont capables de s’isoler sexuellement par mutation,
sélection et dérive, tout en coexistant dans un même écosystème. Il
semble en réalité que les divergences apparaissent entre populations
qui se spécialisent dans l’utilisation de certaines ressources et
qu’elles s’amplifient au point de donner naissance à de nouvelles
espèces. Il est ainsi vraisemblable que la radiation adaptative des
Cichlidés des lacs d’Afrique de l’est (voir ci-dessous) est le résultat
d’une spéciation sympatrique. Dans des petits lacs de cratère du
Cameroun, on a mis en évidence également que l’existence de plusieurs
espèces de poissons Cichlidés endémiques était le résultat d’une
spéciation sympatrique liée à la diversification des comportements
trophiques.
Les deux types de spéciation correspondent à l’occupation de
nouvelles niches auxquelles l’espèce n’était pas adaptée a priori. Mais
dans le cas de la spéciation allopatrique, les processus biologiques sont
gouvernés par des facteurs externes, agissant souvent à long terme, qui
créent de nouvelles opportunités et de nouveaux habitats. La spéciation
sympatrique correspond quant à elle à l’apparition de nouvelles fonctions ou l’utilisation différentielle de leur potentiel parmi certains
individus d’une même espèce partageant le même espace géographique.
Les mécanismes sous-jacents ne sont pas identiques: dans le premier
cas il y a co-évolution espèce-milieu selon un mécanisme d’essaierreur: apparition de nouveautés évolutives et sélection naturelle.
Dans le second cas, c’est dans la biologie de l’espèce elle-même que
l’on doit rechercher les moteurs de l’évolution (par exemple un contrôle
épigénétique).
3.2.3 Gradualisme et/ou équilibres ponctués
Selon la théorie du gradualisme, les espèces se transforment progressivement au cours du temps, d’une espèce mère à une espèce fille. Des
changements de faible ampleur, s’accumulant sur un grand laps de temps,
conduisent à la différenciation graduelle. Cette théorie très populaire
