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2 • La diversité biologique : un état des lieux
Jusqu’au milieu du XVIII e  siècle, les systématiciens avaient une conception fixiste des espèces: elles étaient telles que Dieu les avait créées,
en nombre limité. Le but de la taxinomie était alors d’inventorier
toutes les formes de vie existantes et de décrire leurs caractères spécifiques. Linné a formalisé cette conception en matérialisant l’espèce par
un individu type (holotype): l’espèce est un ensemble d’individus
identiques entre eux, et avec le spécimen «type», c’est-à-dire l’exemplaire ayant servi à décrire et caractériser l’espèce sur le plan morphologique. Ce type est déposé dans un Muséum où il sert de référence, ou
en quelque sorte d’étalon, pour des comparaisons ultérieures.
Cette notion fixiste n’a pas résisté à la découverte des mécanismes
de l’évolution (mutation, sélection, dérive génétique) et a fait place
vers le milieu du XX e  siècle au concept d’espèce biologique fondé non
seulement sur la ressemblance, mais également sur l’interfécondité des
individus constituant une population, et dont les descendants sont euxmêmes interféconds. Ainsi, l’âne et le cheval qui peuvent se reproduire
sont des espèces distinctes car leurs descendants ne sont pas féconds.
C’est donc l’isolement reproductif d’un groupe d’individus qui en fait
une espèce, mais encore faut-il qu’on puisse le démontrer. Il est en effet
matériellement impossible de croiser la plupart des formes sauvages
pour vérifier, ou non, leur interfécondité potentielle. Il en résulte une
difficulté évidente pour appliquer le concept d’espèce biologique. En
outre, cette définition ne s’applique en toute rigueur qu’aux espèces à
reproduction bisexuée, et laisse en suspens la question pour les microorganismes. Malgré les réserves que l’on peut émettre à son sujet on
continue donc, quand c’est possible, à utiliser largement la description
morphologique pour identifier les espèces, en la complétant éventuellement par une description biochimique.
Au sein d’une même espèce on peut distinguer des ensembles, que
l’on qualifie de sous-espèces, de races, de souches, de variétés, etc. Il
n’existe pas de définition précise et universellement admise de ces catégories infraspécifiques qui peuvent être établies sur des bases morphologiques, géographiques, ou encore génétiques. Ainsi reconnaît-on parmi
les nombreuses races d’animaux domestiques des formes bien différenciées sur le plan morphologique. Mais la variabilité intraspécifique peut
s’exprimer de bien d’autres façons, dans le comportement reproducteur
ou dans les modes de communication par exemple.
Depuis peu, les outils de la biologie moléculaire sont devenus des
auxiliaires précieux pour séparer les individus appartenant à des espèces
très proches sur le plan morphologique: on parle d’espèces jumelles
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