6.5 Substances d’intérêt médical et diversité biologique
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
provient de l’acide salicylique qui a été découvert dans la filipendule; la
pénicilline est issue de bactéries du genre Penicillium. Encore récemment,
de grands médicaments ont été isolés de produits naturels: des agents
anti-tumoraux sont isolés de la pervenche de Madagascar (alcaloïdes),
et de l’écorce de l’if américain (taxol).
Alors qu’environ 20 000 plantes sont utilisées dans le monde par les
médecines traditionnelles, seulement 5 000 ont été étudiées comme
sources potentielles de substances à usage pharmaceutique. C’est pourquoi certains défenseurs de la diversité biologique estiment qu’elle
représente un réservoir stratégique pour l’industrie pharmaceutique,
réservoir qu’il est indispensable de préserver dans la mesure où il est
encore imparfaitement exploité.
La recherche de nouvelles molécules se heurte néanmoins à quelques
difficultés. Une fois identifiées, il n’est pas toujours possible de se
procurer suffisamment de matériel vivant pour assurer l’exploitation
de la découverte. Ainsi, la fabrication du taxol a nécessité en 1987 de
l’ordre de 30 tonnes d’écorce de l’if américain, un arbre à croissance
lente qui pourrait être en danger de disparition. On a donc cherché à
synthétiser les composés actifs. On y est parvenu dans le cas du taxol,
mais rien ne permet d’assurer a priori que ce soit possible dans tous
les cas.
Les animaux sont également à l’origine de substances pharmacologiques. Le foie des requins contient des substances augmentant la
résistance de l’organisme humain aux affections cancéreuses. Le venin
des abeilles est utilisé dans le traitement des arthrites, et celui de
nombreux serpents est utilisé en pharmacologie.
L’industrie pharmaceutique mondiale a compris l’intérêt de la diversité biologique car elle tire une partie non négligeable de son chiffre
d’affaires de médicaments élaborés à partir de principes biologiquement
actifs extraits de plantes, ou identifiés dans les plantes avant d’être
reproduits synthétiquement. Plus de la moitié des médicaments utilisés
actuellement possèdent comme matière active une substance naturelle
provenant de plantes ou d’animaux.
On espère tirer profit de la vaste connaissance des plantes accumulée
par les guérisseurs pour la recherche pharmaceutique. L’ethnopharmacologie cherche ainsi à mettre en relation les savoirs ancestraux des
médecines traditionnelles et les savoirs scientifiques actuels. Par ailleurs,
des vastes programmes de recherche systématique de nouvelles substances ont été mis en place par l’industrie pharmaceutique. Il s’agit en
l’occurrence de tester le maximum d’espèces à l’aide de techniques de
criblage. C’est ainsi que la ciclosporine, qui a permis des progrès décisifs
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
provient de l’acide salicylique qui a été découvert dans la filipendule; la
pénicilline est issue de bactéries du genre Penicillium. Encore récemment,
de grands médicaments ont été isolés de produits naturels: des agents
anti-tumoraux sont isolés de la pervenche de Madagascar (alcaloïdes),
et de l’écorce de l’if américain (taxol).
Alors qu’environ 20 000 plantes sont utilisées dans le monde par les
médecines traditionnelles, seulement 5 000 ont été étudiées comme
sources potentielles de substances à usage pharmaceutique. C’est pourquoi certains défenseurs de la diversité biologique estiment qu’elle
représente un réservoir stratégique pour l’industrie pharmaceutique,
réservoir qu’il est indispensable de préserver dans la mesure où il est
encore imparfaitement exploité.
La recherche de nouvelles molécules se heurte néanmoins à quelques
difficultés. Une fois identifiées, il n’est pas toujours possible de se
procurer suffisamment de matériel vivant pour assurer l’exploitation
de la découverte. Ainsi, la fabrication du taxol a nécessité en 1987 de
l’ordre de 30 tonnes d’écorce de l’if américain, un arbre à croissance
lente qui pourrait être en danger de disparition. On a donc cherché à
synthétiser les composés actifs. On y est parvenu dans le cas du taxol,
mais rien ne permet d’assurer a priori que ce soit possible dans tous
les cas.
Les animaux sont également à l’origine de substances pharmacologiques. Le foie des requins contient des substances augmentant la
résistance de l’organisme humain aux affections cancéreuses. Le venin
des abeilles est utilisé dans le traitement des arthrites, et celui de
nombreux serpents est utilisé en pharmacologie.
L’industrie pharmaceutique mondiale a compris l’intérêt de la diversité biologique car elle tire une partie non négligeable de son chiffre
d’affaires de médicaments élaborés à partir de principes biologiquement
actifs extraits de plantes, ou identifiés dans les plantes avant d’être
reproduits synthétiquement. Plus de la moitié des médicaments utilisés
actuellement possèdent comme matière active une substance naturelle
provenant de plantes ou d’animaux.
On espère tirer profit de la vaste connaissance des plantes accumulée
par les guérisseurs pour la recherche pharmaceutique. L’ethnopharmacologie cherche ainsi à mettre en relation les savoirs ancestraux des
médecines traditionnelles et les savoirs scientifiques actuels. Par ailleurs,
des vastes programmes de recherche systématique de nouvelles substances ont été mis en place par l’industrie pharmaceutique. Il s’agit en
l’occurrence de tester le maximum d’espèces à l’aide de techniques de
criblage. C’est ainsi que la ciclosporine, qui a permis des progrès décisifs
