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Biodiversité
brigands et demi. Il suffit qu’ils soient un peu nuisibles pour que je les
supprime.» (extrait du Chasseur français, 1924).
Que font les scientifiques pendant cette période? Ils collectent,
inventorient, dressent des listes des espèces animales et végétales dans
différentes régions, suivant en cela la tradition des cabinets de sciences
naturelles. Ils participent également à l’effort national de lutte contre
les ravageurs de cultures.
Après la Seconde Guerre mondiale, les comportements vont se modifier
lentement: l’urbanisation et l’industrialisation se sont développées.
De nombreux citoyens s’éloignent du monde rural. L’apparition des
insecticides permet de penser qu’à plus ou moins brève échéance on
pourra contrôler les insectes nuisibles tels que le doryphore, le criquet,
le hanneton, mais aussi les moustiques. Le DDT dont on a dénoncé
plus tard les conséquences écologiques, est alors le produit miracle qui
va enfin pouvoir libérer l’homme d’une partie des servitudes de la
Nature, ouvrant la voie à une production agricole mieux contrôlée.
C’est également à cette époque que se développe la «Révolution
verte» avec une agriculture intensive basée sur des semences à haut
rendement mais qui nécessitent des apports importants en engrais et en
insecticides.
Au début des années 1970, les qualificatifs de «nuisibles» et
d’«utiles» donnés aux animaux disparaissent des manuels scolaires.
On remet même complètement en question cette classification. C’est
également à partir des années 1960 que se développe la science écologique qui construit nos connaissances, non plus sur les espèces, mais sur le
fonctionnement des systèmes naturels et sur les interrelations existant
entre les différentes espèces animales et végétales qui constituent les
«écosystèmes».
Dans les années 1980, l’homme occidental qui a maintenant dominé
la plupart des prédateurs (ou soi-disant prédateurs…) et qui possède
les technologies adaptées à une production agricole contrôlée et intensive, est enfin parvenu à ses fins selon la mentalité qui prévalait au
début du siècle: il est en passe de s’affranchir des contraintes de la
Nature. La situation n’est pourtant pas idyllique car une nouvelle
perception de la Nature se fait jour dans les sociétés occidentales. Sous
la poussée de mouvements écologiques (il s’agit de l’écologisme, pas
de l’écologie scientifique) un sentiment de culpabilité se développe
par rapport à la destruction des espèces qui a été encouragée dans les
décennies précédentes. Les grandes ONG de conservation de la Nature
jouent un rôle important dans cette sensibilisation du public à la disparition d’espèces phares, surtout les mammifères et les oiseaux. D’autre
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