© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Introduction
En moins d’un siècle, notre perception de la Nature et du monde vivant
s’est profondément modifiée. On en trouve des témoignages dans les
comportements sociaux et dans les manuels d’enseignement.
Dans le monde à population majoritairement rurale du début du
XX e siècle, l’important est de survivre. Les prédateurs et les ravageurs
des cultures sont encore nombreux et, dans le domaine agricole, les
récoltes sont incertaines. L’homme, en Europe ou sous les tropiques
(c’est la grande période coloniale), a encore des prédateurs redoutables.
Nature et animaux sont souvent perçus comme hostiles. Ainsi, dans les
manuels scolaires français, jusqu’au milieu du XX e siècle, les animaux
sont classés en «nuisibles» et «utiles». La destruction des «nuisibles»
est un véritable enjeu économique national pour favoriser le développement agricole. «Presque tous les insectes sont nuisibles, il faut leur
faire une guerre acharnée» lit-on dans un des manuels scolaires qui
cherchent à préparer les enfants à la vie active.
Cette attitude était tout à fait légitime car l’homme subissait dans
sa vie quotidienne des nuisances insupportables, notamment dans le
domaine agricole (ravageurs des cultures) ou de la santé (malaria par
exemple). Dans ce contexte psychologique, il n’est pas surprenant
qu’il y ait eu des débordements. Les rapports sociaux par rapport aux
rapaces, par exemple, illustrent à la fois une ignorance de la Nature et
de son fonctionnement, une psychose vis-à-vis des espèces sauvages,
et une exaltation de la suprématie de l’homme sur la Nature. «Les
rapaces, des brigands! Tous ces oiseaux-là sont des brigands et
Introduction
En moins d’un siècle, notre perception de la Nature et du monde vivant
s’est profondément modifiée. On en trouve des témoignages dans les
comportements sociaux et dans les manuels d’enseignement.
Dans le monde à population majoritairement rurale du début du
XX e siècle, l’important est de survivre. Les prédateurs et les ravageurs
des cultures sont encore nombreux et, dans le domaine agricole, les
récoltes sont incertaines. L’homme, en Europe ou sous les tropiques
(c’est la grande période coloniale), a encore des prédateurs redoutables.
Nature et animaux sont souvent perçus comme hostiles. Ainsi, dans les
manuels scolaires français, jusqu’au milieu du XX e siècle, les animaux
sont classés en «nuisibles» et «utiles». La destruction des «nuisibles»
est un véritable enjeu économique national pour favoriser le développement agricole. «Presque tous les insectes sont nuisibles, il faut leur
faire une guerre acharnée» lit-on dans un des manuels scolaires qui
cherchent à préparer les enfants à la vie active.
Cette attitude était tout à fait légitime car l’homme subissait dans
sa vie quotidienne des nuisances insupportables, notamment dans le
domaine agricole (ravageurs des cultures) ou de la santé (malaria par
exemple). Dans ce contexte psychologique, il n’est pas surprenant
qu’il y ait eu des débordements. Les rapports sociaux par rapport aux
rapaces, par exemple, illustrent à la fois une ignorance de la Nature et
de son fonctionnement, une psychose vis-à-vis des espèces sauvages,
et une exaltation de la suprématie de l’homme sur la Nature. «Les
rapaces, des brigands! Tous ces oiseaux-là sont des brigands et
