136 5 • Diversité biologique et fonctionnement des systèmes écologiques
la conception traditionnelle de la chaîne trophique, nous savons
maintenant que ces micro-organismes peuvent contrôler de manière
significative les principaux flux d’énergie et de nutriments.
Dans les systèmes pélagiques aquatiques par exemple, les schémas
un peu simplistes des réseaux trophiques établis dans les années 1950
ont été remis en cause avec la découverte de la «boucle microbienne»
au début des années 1980 (figure 5.6). Parallèlement au schéma classique
de prédation du phytoplancton par les herbivores, il existe un réseau
trophique microbien qui est basé sur l’utilisation du carbone provenant
de l’excrétion des organismes vivants et/ou des produits de dégradation
de la matière organique détritique par les bactéries. Ces dernières peuvent
être consommées par le zooplancton, mais leurs principaux prédateurs
sont des protistes hétérotrophes (Ciliés, Flagellés, Amibes) eux-mêmes
consommés par le zooplancton.
Une part importante de la production primaire (parfois plus de 50%)
est ainsi détournée vers la boucle microbienne grâce à laquelle les
nutriments sont rapidement reminéralisés et réintégrés dans le stock de
substances inorganiques dissoutes. Par ce processus de recyclage rapide
et de reminéralisation, la boucle microbienne assure le renouvellement
en permanence des éléments nutritifs nécessaires à la croissance du
phytoplancton.
Figure 5.6 La boucle microbienne en milieu lacustre.
Producteurs primaires
Micro et
picophytoplancton
matière organique
allochtone
Matière organique
dissoute
Zooplancton
Crustacés
Rotifères
Prédateurs
boucle microbienne
bactéries hétérotrophes + picoalgues
+ picocyanobactéries
amibes
nues
protistes
ciliés
protistes
flagellés
Précédent

- 149/274

Suivant