118 5 • Diversité biologique et fonctionnement des systèmes écologiques
et de régénération de ces écosystèmes? Plusieurs études ont montré
que des écosystèmes ayant des communautés biologiques différentes
présentaient néanmoins des similarités importantes sur le plan du fonctionnement écologique. Cela signifie à la fois que les espèces peuvent
jouer un rôle spécifique, mais que différentes espèces peuvent remplir
cette même fonction.
Diverses hypothèses ont été proposées pour expliquer les relations
entre la Nature et la richesse des espèces présentes dans un écosystème,
et leur participation au fonctionnement de cet écosystème (figure 5.2):
1. Selon l’hypothèse diversité-stabilité la productivité des systèmes
écologiques, ainsi que leur aptitude à réagir à des perturbations, s’accroît
régulièrement lorsque le nombre d’espèces dans le système augmente.
Autrement dit le flux d’énergie dans des réseaux trophiques se maintiendra d’autant mieux qu’il y aura un grand nombre de liaisons interspécifiques. Si certaines liaisons sont rompues suite à la disparition
d’une ou plusieurs espèces, d’autres liaisons pourront s’établir et se
substituer à celles qui ont disparu. Le corollaire est que les fonctions
écologiques des différentes espèces se chevauchent de telle sorte que si
une espèce disparaît, la fonction qu’elle assumait peut-être compensée
par d’autres.
2. L’hypothèse des «rivets» procède par analogie. Sur une aile
d’avion il y a plus de rivets que nécessaire pour assurer l’intégrité de
l’aile. La suppression progressive de rivets peut entraîner, au-delà d’un
certain seuil, un effondrement brutal de l’aile. De même, la capacité
d’un écosystème à absorber des modifications de la richesse spécifique
décroît au fur et à mesure que certaines espèces disparaissent, même si
les performances de l’écosystème demeurent en apparence inchangées.
Selon cette hypothèse chaque espèce joue un rôle dans l’écosystème,
et chaque disparition affaiblit progressivement l’intégrité du système.
À partir d’un certain seuil, il y a altération significative du fonctionnement
de l’écosystème.
Cette hypothèse, comme la précédente, privilégie la redondance
fonctionnelle mais reconnaît l’existence de fonctions spécialisées. En
pratique, une fonction écologique ne disparaît pas avant que toutes les
espèces qui y contribuent n’aient été éliminées de l’écosystème.
3. L’hypothèse «conducteurs et passagers» est une alternative à la
précédente qui part du principe que toutes les espèces ne jouent pas un
rôle équivalent. De nombreuses espèces sont superflues (les passagers)
alors que quelques-unes seulement (les conducteurs) jouent un rôle
essentiel pour maintenir l’intégrité de l’écosystème. Ces espèces qui
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