110
4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
Dans le domaine marin, une étude réalisée par l’IFREMER dans le
golfe de Gascogne, a montré que la température moyenne des eaux
avait augmenté de 1 °C en 20 ans. On observe une diminution des
espèces boréales de grande taille, prédatrices et surexploitées. Ainsi, le
cabillaud et le merlu ont fortement régressé. Inversement, il y a plus
d’individus et d’espèces subtropicales de petite taille. Des espèces
tropicales comme le Saint-Pierre doré y sont maintenant rencontrées
fréquemment. Une étude anglaise a montré également pour 36 espèces
de poissons de l’Atlantique Nord, qu’en une vingtaine d’années les 2/3
ont migré vers le nord de 50 à 400 km (la morue et la lotte) où se sont
déplacés vers des eaux plus profondes (le carrelet, la raie fleurie). Les
déplacements d’espèces de poissons s’expliquent en partie par les
déplacements du plancton sous l’effet du réchauffement.
Le petit copépode planctonique Calanoides carinatus qui ne dépassait
pas les côtes du Maroc en 1970, se rencontre aujourd’hui en Manche.
Quant aux coraux, on estime que l’augmentation de température serait
pour partie responsable du phénomène de blanchiment qui conduit
souvent à leur mort.
Avec le réchauffement climatique, des cultures pourraient être pratiquées dans des régions où, auparavant, elles ne pouvaient se développer:
coton et arachide dans le sud de la France, maïs (soja et tournesol)
jusqu’en Grande-Bretagne, Danemark et même Pologne. Impossible,
en revanche, de déplacer les appellations d’origine contrôlée (AOC)
qui, par définition, sont tributaires d’une zone géographique très localisée (propriétés uniques d’un terroir: composition du sol, etc.), ce qui
va générer d’importants problèmes.
La biodiversité est le produit du changement. Les changements
climatiques qui sont intervenus en permanence à la surface du globe,
ont notamment joué un rôle majeur dans l’évolution. Faut-il donc adhérer
à l’idée que le réchauffement annoncé soit une «menace» pour la
biodiversité comme le clament de nombreuses ONG et des scientifiques? Une publication dans la revue Nature annonçait en 2004 que le
quart des espèces pourrait disparaître d’ici 2050 du fait du réchauffement
climatique. Une information à prendre avec circonspection.
Certes on doit s’attendre à des modifications profondes de la faune et
de la flore et à la disparition de certains écosystèmes, Mais, simultanément, on assistera à la création d’autres écosystèmes ouvrant la voie à
de nouvelles opportunités pour l’évolution. On prévoit même l’apparition de combinaisons inédites de paramètres climatiques… L’inconnue
réside dans les capacités d’adaptation des organismes.
Précédent

- 123/274

Suivant