4.4 Changement climatique
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
de végétation. On a observé que l’accélération de la croissance des
arbres détectée depuis les années 1980 est un phénomène assez général
en Europe depuis la fin du XIX e siècle, avec cependant des nuances
régionales marquées. Par exemple, selon l’INRA, la croissance en hauteur
du hêtre s’est accélérée de 25% dans le nord-ouest de la France, et de
50% dans le Nord-Est sur la période 1900-2000.
Des scientifiques de l’INRA ont développé des scénarios d’évolution
de la végétation en fonction d’une augmentation possible de la température de 2,5 °C d’ici la fin du siècle. L’aire de distribution des espèces
méditerranéennes emblématiques comme le chêne-vert, ainsi que
l’olivier, le pin d’Alep, le pin parasol, etc. pourrait dépasser la latitude
de la Loire. À l’inverse du chêne-vert, l’aire de répartition potentielle
du hêtre en 2100 pourrait fortement régresser à cause de plus fortes
températures en été et d’une baisse des précipitations. Son aire de
répartition pourrait se réduire à l’extrême nord-est du territoire national.
Le même phénomène pourrait être observé pour les espèces montagnardes: mélèze, sapin, épicéa, etc. Il s’agit bien entendu de scénarios, la
réalité pouvant se révéler plus complexe!
Il existe néanmoins beaucoup d’incertitudes sur le comportement des
essences forestières: seront-elles capables de s’adapter à la compétition
avec de nouvelles espèces? Quelles seront les capacités des espèces à
se déplacer rapidement et à coloniser de nouvelles niches climatiques?
Lors des recolonisations postglaciaires, il y a 10 000 ans, il a fallu
environ 2 000 ans aux chênes pour traverser la France du sud vers le
nord. Or, le réchauffement envisagé au cours du siècle à venir se
produira pour une durée inférieure à la durée de vie d’un arbre…
De nombreuses espèces d’insectes ont migré vers le nord ou en altitude au cours des dernières décennies. Certaines, telles de nombreuses
espèces de lépidoptères (le monarque africain, le nacré de la ronce, le
vulcain), de coléoptères (le bupestre du thuya), ou encore la mante religieuse ou les libellules, n’ont pas d’incidence sur l’économie. D’autres
sont en revanche de véritables pestes qui touchent directement à la
santé de l’homme, des plantes cultivées ou et des animaux d’élevage,
car ils véhiculent des parasites ou des virus. La chenille processionnaire du pin qui cause de sévères dégâts aux résineux progresse vers
le nord de la France et en altitude. Elle a maintenant atteint la région
parisienne. Le nombre d’espèces de pucerons observés sur huit sites
d’étude en France et en Grande-Bretagne, a augmenté très sensiblement
au cours des 40 dernières années: une espèce par an et par site en
moyenne. Simultanément, leur période d’activité s’est allongée d’environ
un jour par an en moyenne.
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
de végétation. On a observé que l’accélération de la croissance des
arbres détectée depuis les années 1980 est un phénomène assez général
en Europe depuis la fin du XIX e siècle, avec cependant des nuances
régionales marquées. Par exemple, selon l’INRA, la croissance en hauteur
du hêtre s’est accélérée de 25% dans le nord-ouest de la France, et de
50% dans le Nord-Est sur la période 1900-2000.
Des scientifiques de l’INRA ont développé des scénarios d’évolution
de la végétation en fonction d’une augmentation possible de la température de 2,5 °C d’ici la fin du siècle. L’aire de distribution des espèces
méditerranéennes emblématiques comme le chêne-vert, ainsi que
l’olivier, le pin d’Alep, le pin parasol, etc. pourrait dépasser la latitude
de la Loire. À l’inverse du chêne-vert, l’aire de répartition potentielle
du hêtre en 2100 pourrait fortement régresser à cause de plus fortes
températures en été et d’une baisse des précipitations. Son aire de
répartition pourrait se réduire à l’extrême nord-est du territoire national.
Le même phénomène pourrait être observé pour les espèces montagnardes: mélèze, sapin, épicéa, etc. Il s’agit bien entendu de scénarios, la
réalité pouvant se révéler plus complexe!
Il existe néanmoins beaucoup d’incertitudes sur le comportement des
essences forestières: seront-elles capables de s’adapter à la compétition
avec de nouvelles espèces? Quelles seront les capacités des espèces à
se déplacer rapidement et à coloniser de nouvelles niches climatiques?
Lors des recolonisations postglaciaires, il y a 10 000 ans, il a fallu
environ 2 000 ans aux chênes pour traverser la France du sud vers le
nord. Or, le réchauffement envisagé au cours du siècle à venir se
produira pour une durée inférieure à la durée de vie d’un arbre…
De nombreuses espèces d’insectes ont migré vers le nord ou en altitude au cours des dernières décennies. Certaines, telles de nombreuses
espèces de lépidoptères (le monarque africain, le nacré de la ronce, le
vulcain), de coléoptères (le bupestre du thuya), ou encore la mante religieuse ou les libellules, n’ont pas d’incidence sur l’économie. D’autres
sont en revanche de véritables pestes qui touchent directement à la
santé de l’homme, des plantes cultivées ou et des animaux d’élevage,
car ils véhiculent des parasites ou des virus. La chenille processionnaire du pin qui cause de sévères dégâts aux résineux progresse vers
le nord de la France et en altitude. Elle a maintenant atteint la région
parisienne. Le nombre d’espèces de pucerons observés sur huit sites
d’étude en France et en Grande-Bretagne, a augmenté très sensiblement
au cours des 40 dernières années: une espèce par an et par site en
moyenne. Simultanément, leur période d’activité s’est allongée d’environ
un jour par an en moyenne.
