4.3 Dynamique de la diversité biologique et pressions anthropiques
107
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Cichlidés. Quant aux grands Lates ils pratiquent le cannibalisme. Ces
observations ont donc conduit la communauté scientifique à stigmatiser
l’introduction du Lates niloticus, considéré comme responsable d’un
désastre écologique. Cependant d’autres recherches ont mis en exergue
la modification des conditions écologiques du lac Victoria, notamment
les pollutions et l’eutrophisation des eaux, consécutives au développement des activités agricoles et de l’urbanisation en amont du lac.
Des phénomènes susceptibles de perturber fortement la reproduction
des Cichlidés. Les conséquences sur la faune lacustre de l’introduction
d’un grand prédateur comme le Lates, s’inscrivent donc dans un contexte
plus général de modifications du milieu par les activités humaines.
Sans nier l’effet du prédateur, il est probable qu’il a été d’autant plus
important que les populations de poissons du lac Victoria étaient aussi
fragilisées par d’autres perturbations.
4.3.6 Les non-dits
Si l’on dénonce régulièrement l’impact de l’homme sur la biodiversité,
dont les conséquences principales sont les transformations physiques de
la biosphère, on reste par contre assez silencieux sur les ressorts socioéconomiques qui génèrent ces activités. Car les raisons qui poussent les
sociétés humaines à surexploiter la diversité biologique sont nombreuses.
Elles ne tiennent pas, sauf exception, à la seule volonté de détruire. Elles
résident de manière beaucoup plus insidieuse dans nos comportements
et dans nos choix en matière de développement économique.
La pression démographique et la pauvreté sont, sans aucun doute, les
principaux moteurs de la dégradation de l’environnement dans les pays
du Sud. Quand il faut se nourrir au quotidien, on se préoccupe moins
de la conservation de la biodiversité. La pauvreté pousse notamment
au braconnage. La lutte contre la pauvreté est d’ailleurs l’un des grands
objectifs du programme des Nations Unies pour le Millénaire. Sur le
papier tout au moins, car les pays développés ne sont guère pressés de
remplir leurs engagements.
Plus généralement, économie de marché et protection de la biodiversité
obéissent à des logiques différentes. La protection de la biodiversité
s’inscrit sur le long terme. Elle incite à limiter l’usage des ressources
naturelles. Au contraire, l’économie de marché privilégie une logique
de productivité maximale et de rentabilité à court terme par une utilisation accrue de ressources naturelles. C’est ce que l’on observe actuellement dans le domaine de la pêche ou dans celui de l’exploitation des
forêts tropicales. La logique du marché est rarement remise en cause
107
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Cichlidés. Quant aux grands Lates ils pratiquent le cannibalisme. Ces
observations ont donc conduit la communauté scientifique à stigmatiser
l’introduction du Lates niloticus, considéré comme responsable d’un
désastre écologique. Cependant d’autres recherches ont mis en exergue
la modification des conditions écologiques du lac Victoria, notamment
les pollutions et l’eutrophisation des eaux, consécutives au développement des activités agricoles et de l’urbanisation en amont du lac.
Des phénomènes susceptibles de perturber fortement la reproduction
des Cichlidés. Les conséquences sur la faune lacustre de l’introduction
d’un grand prédateur comme le Lates, s’inscrivent donc dans un contexte
plus général de modifications du milieu par les activités humaines.
Sans nier l’effet du prédateur, il est probable qu’il a été d’autant plus
important que les populations de poissons du lac Victoria étaient aussi
fragilisées par d’autres perturbations.
4.3.6 Les non-dits
Si l’on dénonce régulièrement l’impact de l’homme sur la biodiversité,
dont les conséquences principales sont les transformations physiques de
la biosphère, on reste par contre assez silencieux sur les ressorts socioéconomiques qui génèrent ces activités. Car les raisons qui poussent les
sociétés humaines à surexploiter la diversité biologique sont nombreuses.
Elles ne tiennent pas, sauf exception, à la seule volonté de détruire. Elles
résident de manière beaucoup plus insidieuse dans nos comportements
et dans nos choix en matière de développement économique.
La pression démographique et la pauvreté sont, sans aucun doute, les
principaux moteurs de la dégradation de l’environnement dans les pays
du Sud. Quand il faut se nourrir au quotidien, on se préoccupe moins
de la conservation de la biodiversité. La pauvreté pousse notamment
au braconnage. La lutte contre la pauvreté est d’ailleurs l’un des grands
objectifs du programme des Nations Unies pour le Millénaire. Sur le
papier tout au moins, car les pays développés ne sont guère pressés de
remplir leurs engagements.
Plus généralement, économie de marché et protection de la biodiversité
obéissent à des logiques différentes. La protection de la biodiversité
s’inscrit sur le long terme. Elle incite à limiter l’usage des ressources
naturelles. Au contraire, l’économie de marché privilégie une logique
de productivité maximale et de rentabilité à court terme par une utilisation accrue de ressources naturelles. C’est ce que l’on observe actuellement dans le domaine de la pêche ou dans celui de l’exploitation des
forêts tropicales. La logique du marché est rarement remise en cause
