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4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
plus d’une centaine d’espèces de poissons marins. Les populations
locales de certaines espèces se sont éteintes du fait de la surexploitation.
Ainsi, après plus de cinq siècles d’exploitation, la pêcherie de morue
de Terre-Neuve qui a largement approvisionné les marchés européens
et nord-américains, s’est effondrée.
Une conséquence majeure des pêches est la transformation des chaînes
trophiques de l’écosystème marin. La pêche industrielle intensive
exploite en priorité les poissons prédateurs à longue durée de vie qui sont
les plus appréciés. En quinze ans les océans ont ainsi perdu environ
80% de leurs grands poissons prédateurs (morues, églefins, raies, thons,
espadons, etc.). Plusieurs espèces de requins sont d’ores et déjà menacées d’extinction avec des effectifs ayant diminué de 75% en 15 ans.
La disparition de ces prédateurs a eu des effets en cascade sur les
peuplements marins. Ainsi, la diminution des prédateurs a favorisé le
développement des petites espèces à cycle court comme les anchois,
les sardines, les harengs dont les stocks sont pleinement exploités
aujourd’hui, et certains sont même surexploités. D’autre part, la place
laissée vacante par les grands prédateurs est occupée rapidement par
les macro-algues, les calmars, les méduses, les oursins, etc. qui ne sont
pas particulièrement recherchés.
4.3.5 Actions combinées des activités humaines:
la disparition des poissons Cichlidés du lac Victoria
Très souvent, l’érosion de la diversité biologique résulte de l’action
combinée de plusieurs facteurs qui peuvent agir en synergie. Un exemple
bien connu est celui du lac Victoria en Afrique de l’Est. À la fin des
années 1950, un grand poisson prédateur, le Lates niloticus ou «capitaine», y a été introduit pour améliorer la pêche. Le lac Victoria
hébergeait alors quelques centaines d’espèces de poissons endémiques
de la famille des Cichlidés. Au cours des années 1980, le développement
des populations de Lates s’est clairement accompagné de la quasidisparition de dizaines d’espèces de Cichlidés. Par la suite, de nombreuses
autres espèces, qu’elles appartiennent ou non à la famille des Cichlidés,
se sont également raréfiées. Sur le plan du fonctionnement de l’écosystème et de ses réseaux trophiques, on a assisté à une simplification
extrême: les nombreux poissons autochtones ont été remplacés par
deux espèces indigènes qui se sont mises elles aussi à proliférer: la
crevette détritivore Caridina nilotica, et un poisson zoo planctophage,
le cyprinidé Rastrineobola argentea. Ces deux espèces servent de
nourriture aux larves et aux juvéniles de Lates depuis la disparition des
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