102
4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
vivrières qui contribueront à réduire les risques de famine et de disette:
maïs, manioc, patate douce, arachide, etc. D’autre part, le continent
américain a largement bénéficié du transfert du cheval, du bœuf, du porc
et des volailles venus d’Europe, ainsi que du blé. D’Afrique furent
importés le café et l’igname, et d’Asie le riz, la canne à sucre, le soja,
le bananier, les agrumes, le cocotier, etc. Le nouveau monde ne fut donc
pas le parent pauvre de ces échanges.
Le monde est devenu progressivement un vaste supermarché de la
biodiversité. Si une espèce paraît avoir un intérêt quel qu’il soit, on
essaie de l’acclimater pour en tirer profit. Mais il existe un problème
de taille: les caractéristiques biologiques attendues chez ces espèces
(croissance rapide, adaptabilité, reproduction facile), sont autant de
propriétés qui en font également de bons candidats aux invasions
biologiques.
Quelque 277 espèces de poissons ont été introduites en Europe. On
notera que près d’un tiers de ces introductions a eu lieu dans les années
1960 et 1970 (tableau 4.2). En France, on a recensé 27 espèces de
poissons introduites, contre 31 en Grande-Bretagne, 19 en Allemagne,
43 en Italie et 20 en Belgique. Plus d’un tiers de la faune piscicole
française est composé d’espèces introduites.
b) Des espèces qui «s’échappent»…
On peut avoir la surprise aujourd’hui, sur les bords du golfe du Morbihan
ou dans les marais de Guérande, de voir passer un vol d’ibis sacré
(Threskiornis aethiopicus). Ces échassiers originaires de l’Afrique nord
tropicale et bien connus des Égyptiens qui les momifiaient, se sont
échappés d’un parc animalier de la côte Atlantique et sont maintenant
«naturalisés» en France. Ils constituent actuellement une population
de plusieurs milliers d’individus. Certains ont voulu les chasser afin de
les éradiquer. D’autres y ont fait obstacle au nom du droit à la vie…
Des exemples de ce type sont nombreux.
c) Les introductions fortuites ou «accidentelles»…
la roulette écologique
C’est probablement le développement du commerce international qui
est maintenant à l’origine d’une circulation sans précédent de milliers
d’espèces végétales et animales à travers le monde, ainsi que de nombreux
micro-organismes. Sa libéralisation entraîne la multiplication des
routes commerciales dans le monde, situation qui accentue les risques
d’invasions.
4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
vivrières qui contribueront à réduire les risques de famine et de disette:
maïs, manioc, patate douce, arachide, etc. D’autre part, le continent
américain a largement bénéficié du transfert du cheval, du bœuf, du porc
et des volailles venus d’Europe, ainsi que du blé. D’Afrique furent
importés le café et l’igname, et d’Asie le riz, la canne à sucre, le soja,
le bananier, les agrumes, le cocotier, etc. Le nouveau monde ne fut donc
pas le parent pauvre de ces échanges.
Le monde est devenu progressivement un vaste supermarché de la
biodiversité. Si une espèce paraît avoir un intérêt quel qu’il soit, on
essaie de l’acclimater pour en tirer profit. Mais il existe un problème
de taille: les caractéristiques biologiques attendues chez ces espèces
(croissance rapide, adaptabilité, reproduction facile), sont autant de
propriétés qui en font également de bons candidats aux invasions
biologiques.
Quelque 277 espèces de poissons ont été introduites en Europe. On
notera que près d’un tiers de ces introductions a eu lieu dans les années
1960 et 1970 (tableau 4.2). En France, on a recensé 27 espèces de
poissons introduites, contre 31 en Grande-Bretagne, 19 en Allemagne,
43 en Italie et 20 en Belgique. Plus d’un tiers de la faune piscicole
française est composé d’espèces introduites.
b) Des espèces qui «s’échappent»…
On peut avoir la surprise aujourd’hui, sur les bords du golfe du Morbihan
ou dans les marais de Guérande, de voir passer un vol d’ibis sacré
(Threskiornis aethiopicus). Ces échassiers originaires de l’Afrique nord
tropicale et bien connus des Égyptiens qui les momifiaient, se sont
échappés d’un parc animalier de la côte Atlantique et sont maintenant
«naturalisés» en France. Ils constituent actuellement une population
de plusieurs milliers d’individus. Certains ont voulu les chasser afin de
les éradiquer. D’autres y ont fait obstacle au nom du droit à la vie…
Des exemples de ce type sont nombreux.
c) Les introductions fortuites ou «accidentelles»…
la roulette écologique
C’est probablement le développement du commerce international qui
est maintenant à l’origine d’une circulation sans précédent de milliers
d’espèces végétales et animales à travers le monde, ainsi que de nombreux
micro-organismes. Sa libéralisation entraîne la multiplication des
routes commerciales dans le monde, situation qui accentue les risques
d’invasions.
