2.2 Bases de données et SGBD relationnels
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Rechercher le nom et l’adresse de tous les clients de Toulouse s’exprime par la
requête suivante, qui, appliquée à la table CLIENT comportant les colonnes NOM,
ADRESSE et LOCALITE, ne réclame guère d’effort d’interprétation :
select NOM,ADRESSE
from
CLIENT
where LOCALITE = 'Toulouse'
Bien sûr, l’extraction de données issues de plusieurs tables, et satisfaisant des
conditions complexes, s’exprimera par des requêtes également plus complexes, qui
nécessitent de la part de l’utilisateur qui les formule un apprentissage adéquat. On
imagine aisément en effet que si on désire obtenir la liste des localités, accompagnées
des quantités totales commandées par produit, et ordonnées par nombre décroissant
de clients dont le compte est négatif, il nous faudra rédiger une requête beaucoup
plus élaborée que celle qui vient d’être proposée.
Le marché offre aujourd’hui nombre d’outils qui permettent d’accéder à une base
de données relationnelle sans qu’il soit nécessaire de maîtriser le langage SQL;
citons notamment MS Access et FileMaker Pro. Ces modes d’accès sont cependant
limités à des requêtes simples.
b) De l’algèbre à l’industrie : un peu d’histoire
Les bases de données relationnelles trouvent leur origine dans des travaux théoriques sur les structures de données des années 60. La première présentation officielle
de l’approche relationnelle est incontestablement l’article de E.F. Codd, chercheur
d’IBM, paru en 1970 [Codd, 1970]. L’auteur y proposait une structure de données
tabulaire minimale, indépendante des technologies de mise en œuvre, accompagnée
d’opérateurs d’extraction de données. Ce modèle de données est par essence
mathématique : les ensembles de valeurs sont des domaines, les tables correspondent à des relations sur les domaines et les opérateurs sont des extensions de ceux de
l’algèbre des relations.
Il restait à rendre ces propositions opérationnelles. C’est ainsi que sont nés les
premiers SGBD prototypes : System R d’IBM et INGRES à l’Université de
Berkeley entre autres. Sont également apparus les premiers langages de requête
dérivés des langages mathématiques d’origine, mais accessibles aux praticiens :
SEQUEL, qui deviendra SQL, pour le System R [Chamberlin, 1974] et QUEL pour
INGRES 2 [Date, 1990]. Les premiers SGBD relationnels commerciaux sont apparus
rapidement. Dès 1979, ORACLE (alors Relational Software), puis SQL/DS chez
IBM (1981) ont été introduits sur le marché, ainsi qu’une version industrielle
d’INGRES. D’autres ont suivi, tels INFORMIX, DB2, UNIFY, RDB, SYBASE et
SQL-Server. A l’heure actuelle, les SGBD relationnels, et leurs extensions relationnel-objet, ont investi tous les types de machines, au point qu’il faut désormais les
2. Bien que QUEL ait été généralement jugé supérieur à SQL, ce dernier l’a rapidement
supplanté sur le plan commercial.
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