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Chapitre 1 • Motivation et introduction
multicolore d’ordinateurs personnels conviviaux, bon marché, puissants, transformant le moindre utilisateur, le moindre amateur en développeur passionné et efficace. Celui-ci ne vient-il pas de construire, partant de zéro, sa première base de
données en vingt minutes, son premier modèle de calcul (une vraie comptabilité en
miniature) en une heure, son premier programme d’interrogation dBase en deux
heures? Et ce pour un coût dérisoire. L’informaticien de métier n’avait qu’à bien se
tenir, lui qui réclamait plusieurs semaines pour livrer le même résultat, d’ailleurs au
prix fort.
1.2 … ET MALHEURS
L’informaticien est toujours là. Son métier a changé, sa position dans l’entreprise a
évolué, de même que ses rapports avec les utilisateurs. Les bouleversements technologiques que nous avons évoqués y sont pour beaucoup. Bien sûr, il développe
aujourd’hui autant en Access, Visual Basic et en Excel qu’en COBOL (ou C ou Java)
et SQL, mais son rôle de développeur ne lui a toujours pas été retiré. L’utilisateur
n’en a plus voulu, les raisins étaient sans doute encore un peu verts.
Cette histoire en rappelle d’autres :
• COBOL devait permettre aux comptables eux-mêmes de décrire les informations et les traitements relatifs à leur métier, pour pallier le manque de
programmeurs (1958);
• BASIC, par sa simplicité, était destiné à l’utilisateur final (Beginners’ Allpurpose Symbolic Instruction Code), enfin libéré du joug du programmeur
(1970);
• les systèmes experts devaient être construits par les experts eux-mêmes, la
chose était évidente; qu’y a-t-il de plus simple en effet qu’exprimer ses
connaissances et ses raisonnements sous la forme de règles de production
(années 80)?
• le modèle relationnel devait révolutionner le domaine des bases de données : la
structure tabulaire des données et un langage déclaratif semi-naturel devaient
mettre cette technologie à la portée des utilisateurs (années 80); la construction
de la base de données elle-même devait se simplifier fortement : l’utilisateur
décrit ses tables et l’ordinateur se charge de l’implantation efficace et de l’optimisation des requêtes.
Loin de nous l’idée que ces outils originaux que sont les tableurs et les systèmes de
bases de données ne sont pas aussi à la portée des utilisateurs. Nous voulons simplement rappeler que la construction d’une application informatique, quelle qu’en soit
la complexité et quel qu’en soit l’outil de réalisation, est une affaire sérieuse, qu’elle
exige rigueur, soin et méthode, afin que cette application constitue pour ses utilisateurs un outil fiable et efficace. L’utilisateur peut devenir, sans douleur mais pas sans
efforts, un développeur compétent, pourvu qu’il se soumette à certaines exigences
du métier, qui vont le plus souvent bien au-delà de la simple maîtrise de l’outil informatique, d’ailleurs lui-même de moins en moins facile à maîtriser.
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