SONDAGES. mŒcrsrorv D’UN POURCENTAGE
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llon; il arrive souvent qu’on substitue au tirage au sort un moyen systématique qualié, bien à tort, de « hasard » : les cancéreux observés à l’hôpital,
les cas d’avortement repérés par la Préfecture de Police, ne sont pas des échantillons « au hasard >> de cancéreux, ou de femmes qui avortent; de même des
volontaires constituent souvent un échantillon très biàisé, etc.,;
’
b) ensuite au moment où on recueille l’information auprès des sujets dési—
gnés : même si on a désigné ces sujets par un tirage au sort correct, la représentativité peut être perdue par les sujets qui ne répondent pas, soit qu’ils ne
veulent pas, soit qu’ils ne peuvent pas. La première évent'ualit‘é traduit une
réaction qui peut être liée au phénomène étudié; c’eSt ainsi que dans une enquête
où on disposait d’un échantillon représentatif de femmes atteintes de rubéole
pendant leur grossesse, on écrivit à toutes au moment de la naissance : les
réponses indiquèrent un pourcentage de malformations très élevé; au contraire,
dans le cas des non réponses, une visite à domicile montra que les nouveau—
nés étaient toujours normaux;à“ ne tenir compte que des réponses, on aurait
donc obtenu une proportion de malformations beaucoup trop élevée. Quant à
l’impossibilité de répondre, elle traduit un événement (déménagement, maladie,
décès) qu’on ne sau’raitighorer. On citera à ce sujet une enquête anglaise sur
des enfants, où l’échantillon avait été désigné par tirage au sort dans les registres
de naissance; il s’agissait ensuite d’interroger les mères; 38 % de celles-ci ne
purent être jointes par suite d’un changement d’adresse; on put vérier que
ces
déménagements a‘ectaient principalement les jeunes ménages, donc des
premiers nés; à n’en pas tenir compte, on aurait donc conservé un échantillon
de rang de naissance en moyenne trop élevé.
6) Enn, lorsque l’échantillon doit être suivi pendant une certaine période,
il faut s’assurer que la représentativité est conservée au cours du temps;les
sujets qui « disparaissent » constituent une cause d’erreur possible; il faut aussi
vérier que le fait même de leur désignation ne modie pas le comportement
des sujets; on ne saurait, pour illustrer un tel biais, citer de meilleur exemple
que celui d’une enquête sur le trac ferroviaire d’après un échantillon au hasard
de wagons, marqués à la peinture pour être reconnus : on obtint ainsi un trac
incroyablement trop élevé; la raiœn était que dans chaque gare les wagons
peints avaient excité la méance, et étaient immédiatement dirigés sur la gare
voisine...
La constitution et le maintien d’un échantillon parfaitement représentatif
sont certes des tâches difciles, sinon impossibles. Elles dénissent un modèle
dont il faut se rapprocher au maximum. Si on ne peut éviter les non réponses
ou les disparitions, on peut au moins réduire leur nombre le plus possible; on
peut également s’efforcer, par une nouvelle démarche, d’obtenir une réponse
d’un certain nombre de sujets choisis au hasard parmi ceux qui n’ont pas
répondu la première fois, de façon à voir si ces sujets diffèrent ou non des
autres. Lorsque ces précautions sont irréalisables, il vaut mieux renoncer au
sondage que de donner, avec une précision parfois extrême, les caractéristiques
d’un échantillon qui ne représente rien.
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